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Delphine Coindet ( 1969 - )

Delphine Coindet , plasticienne contemporaine française, née en 1969 à Albertville.

Elle vit et travaille à Paris et à Lausanne (Suisse).

Après avoir obtenu, en 1992, un Diplôme national supérieur d'expression plastique à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole, Delphine Coindet poursuit sa formation à l’Institut des hautes études en art plastiques à Paris en 1993.


Delphine Coindet travaille essentiellement sur ordinateur avant de passer de deux à trois dimensions à l’aide d’un logiciel de CAO de manière à estimer l’inscription de l’objet dans l’espace. Elle fait réaliser ses projets par des fabricants industriels. Déléguant ainsi à différents corps de métier, elle s'est libérée des contraintes d'un atelier. Avec la fabrication, elle fait accéder l’objet virtuel à la réalité. Les matériaux utilisés rendent compte de l’aspect froid et lisse de l’image créée par ordinateur.

Delphine Coindet conçoit ses sculptures comme des objets calibrés à l'aune de leur contexte en même temps que manipulables et mobiles au sein d'un mode d'exposition qui implique et configure un mode de circulation variable. Ses sculptures se nourrissent des formes diverses aussi bien abstraites que figuratives, naturelles ou artificielles, qui prolifèrent tant dans son environnement (fleur, caillou, nuage, pelote, fontaine...) que dans les images subliminales ou commerciales véhiculées par la publicité, les jeux vidéos, mais aussi dans les formes déjà référencées de l’histoire de l’art.

Dans son travail le mou et le flasque s’opposent à des angles acérés, le terne au brillant ; faux bois, faux cuirs, matériaux en trompe l’œil ou aluminium miroitant créant des mises en abîme, troublent la perception de la réalité. Ces sculptures renvoient à un autre monde, un monde fabuleux d’une nouvelle Alice aux pays des merveilles, ou bien un monde entièrement virtuel lié à la conception de ces sculptures sur logiciel 3D, dans lequel on pourrait déambuler.

Bâtiments, cailloux, diamants, engrenages, fontaine, fleurs, harpe, montagne, panneaux indicateurs, pelotes de fil, rochers, scies, tableaux, tapis, tunnel, voilà quelques-unes des choses de notre monde dont l’art de Coindet a modélisé la représentation. Son activité représentative n’a pas pour moteur une ambition mimétique. Son intention est sémiologique : il s’agit de produire le signe d’un diamant, d’une fleur, d’un rocher ou d’un tableau, c’est-à-dire un objet dont la force représentative n’a pas à s’exercer au-delà du seuil où le signe commence à fonctionner. Le signe opère bien avant que l'imitation soit complète.

C’est pourquoi certaines des œuvres de Coindet consistent en lettres, ces instruments de fabrication des signes : Le i (1995) comme un point d’information sur la poétique de l’artiste ; X (200) qui figure même deux fois la lettre : une grande forme verticale en contreplaqué et, comme son ombre, sa représentation de moquette, projetée au sol. La lettre est choisie comme motif principalement parce que sa représentation ne pose pas les problèmes mimétiques que suscitent, par exemple, celle d’un visage.

Le geste représentatif est accompli dès que la reconnaissance de la lettre est obtenue ; tout surcroît d’information serait vain puisque la lettre est une réalité générique, dont la différence entre elle et sa représentation est infime. La sculpture de Coindet traite les objets qu’elle représente comme s’ils étaient des lettres, c’est-à-dire des êtres génériques, d’avant les spécifications individuelles.

"Tunnel" de Delphine Coindet fut réalisé pour la première fois en 1994. Il s’agit de l’une des premières sculpture/image de l’artiste, et certainement l’une des plus emblématiques.

Elle y exprime cette question du seuil et du passage d’un espace métaphorique, symbolique ou abstrait, à une réalité tangible.

"Tunnel" de Delphine Coindet, présenté au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne en 2009

 

Déclarations :

«L'idéal, pour moi, serait d'arriver à une forme d'art complètement abstraite. Pourtant, la question de la fonctionnalité est incontournable en raison de la perméabilité, on pourrait même dire de la concurrence, qui existe entre les champs des arts plastiques, du design et de l'architecture. Ceci doit nous (les artistes) inciter à être toujours plus exigeants sur le sens, le statut, la finalité esthétique, mais aussi, marchande, de l'œuvre.

Dans mon travail, la fonction est une idée ou même une image qui permet d'introduire, souvent avec dérision, les notions d'efficacité ou d'usage, comme si on pouvait s'assurer de la fiabilité, donc de l'intérêt, d'une œuvre comme de celle d'un meuble ou d'une machine. Cependant, j'élabore mes projets de façon très formelle. Les rapports d'échelle, les couleurs les matériaux sont des paramètres de la composition d'un ensemble d'éléments agencés dans l'espace les uns par rapport aux autres.

Lorsque je conçois mes œuvres avec l'outil informatique, chacune de mes installations est, en premier lieu, un dessin puis devient une image. Cette dernière, d'abord plane et virtuelle, est vouée à être déconstruite j'opère le passage à la réalisation d'objets qui vont être expérimentés réellement dans un lieu. Puis, l'œuvre redevient image lorsqu'elle est photographiée et reproduite dans un catalogue. Je prends sans cesse en compte ces différents « états » de l'œuvre : le dessin, l'image, la fabrication, l'objet, l'exposition, l'icône. Je ne veux pas considérer l'œuvre comme objet clos et fini, ni même comme un aboutissement, mais plutôt comme une forme intermédiaire et révélatrice du contexte qui la rend possible.»

Expositions :


Galerie Virtuelle


Fontaine (2000)

Pelotes (2001)

Capri (2004)

Cosmos (2009)

Le i (1995)

ROCK HARD (2005)

Pecker (2007)

Harpe (2005)
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