Sommaire

La Passion de l'Art. . .

Ces pages sont rédigées par et pour des passionnés d'Art Contemporain.
Questions ou remarques: Pour nous joindre

Douglas Gordon ( 1966 - )

Douglas Gordon est né à Glasgow, en Écosse, en 1966.

Il vit et travaille à Glasgow, en Écosse.

Douglas Gordon a étudié à Glasgow de 1984 à 1988, puis à Londres, de 1988 à 1990 à la Slade School of Art .
Il présente sa première exposition personnelle à Londres en 1995, obtient le Turner Prize l'année suivante. C’est la première fois que ce dernier est attribué à un artiste vidéo.

Connu surtout comme un artiste vidéo, Douglas Gordon utilise des formes variées d'expression: projections vidéos, photographies, installations et textes muraux.
Paradoxalement il est sans doute l’un des artistes qui rejette le plus vigoureusement la notion de style personnel. Il travaille sur l’appropriation d’images qu’il détourne, met en scène dans un contexte différent. Dans cette optique les expositions deviennent l’élément essentiel de l’expression de l’artiste.

Douglas Gordon s'attache aux fonctionnements et dysfonctionnements de la mémoire à travers l'image et le langage.
List of Names, initiée en 1990, offre une énumération à l'infini des rencontres dont il garde le souvenir.
Dans un va-et-vient entre mémoire collective et personnelle, l'artiste s'approprie des éléments de la culture populaire : télévision, musique, cinéma surtout.
La projection vidéo 24 Hour Psycho (1993) génère, dans un ralenti du film Psychose (1960) de Alfred Hitchcock, une temporalité distendue où la perte de la narration autant qu'elle frustre engendre une réalité neuve et inattendue, d'une densité prégnante.
Pour l’installation vidéo Predictable Incident in Unfamiliar Surroundings (1995), Douglas Gordon extrait de la célèbre série télévisée américaine Star Trek les rares scènes de baisers entre le Capitaine Kirk, héros de la série, et les femmes de son entourage. Les scènes sont re-filmées par l’artiste, ralenties, agrandies et montées en boucle en coupant le son. Douglas Gordon choisit de se concentrer sur le motif iconographique du baiser, motif clé de l’industrie audiovisuelle pour jouer avec les codes de la représentation : Kirk, archétype du héros positif américain des années soixante, viril et séduisant, prend tour à tour, sous les manipulations de Douglas Gordon, l’allure d’un séducteur, d’un agresseur à la libido exacerbé ou d’un homme soumis aux charmes d’une femme fatale.

Words and Pictures (I & II) de 1996 proposent une sélection de films du début des années soixante, comme "images résiduelles d'un temps prénatal" surgissant de façon volontaire ou inconsciente.
En 1996, il reçoit le prestigieux Prix Turner (Turner Prize), récompense annuelle, organisée par la Tate Britain à Londres.

Three inches (Black), 1997 est une présentation de 11 photographies montrant une main dont un doigt est recouvert d’un pansement noir.
Between Darkness and Light (after William Blake) de 1997 est une projection superposée sur grand écran placé dans l’espace de deux films The Song of Bernadette de Henri King, 1943 et L’exorciste de William Friedkin, 1973
L'œuvre Single room with bath (1998) plonge le visiteur dans un lieu métaphorique d'une expérience mentale et physique ambigue.
Déjà-vu (2000) juxtapose trois projections légèrement désynchronisées (23, 24, 25 images par seconde) du film DOA de Rudolph Maté (1949-50), dont les images sont renvoyées à une virtualité décuplée par les miroirs.
Sheep and Goats (2000) constitue une mise en abîme où temps dilaté, dédoublement, démultiplication du virtuel et du réel dans les multiples reflets de miroirs, contribuent à créer un univers plastique et mental entre fascination et angoisse, désir et aversion.
Something between my mouth and your ear est une pièce sonore qui réunit les principales chansons du hit parade de 1966 que Douglas Gordon a peut-être entendu avant ou juste après sa naissance.

En 1998, il est couronné par le Prix Hugo Boss, deuxième du genre.

En 2000 au Musée d'Art Moderne de Paris, il invente un dispositif global sur le thème de la dualité: une double entrée, à laquelle succède un double corridor jusqu'à la spirale finale et un "aquarium" comme axe, début et fin tout à la fois.
Le visiteur est amené à définir son propre parcours, à faire un choix entre la gauche et la droite, entre le bien et le mal, peut-être. le spectateur traverse d'abord l'un des deux rideaux d'Off Screen (1998) pour découvrir dans l'un ou l'autre couloir une série de vidéos, réalisées depuis 1994 (notamment Blue et Hand and Foot), qui dessine avec des fragments du corps de l'artiste une réalité ambivalente particulièrement troublante, entre violence et "tendresse".

La série The Blind Star (2002) rassemble des photos découpées représentant des grandes célébrités de Hollywood pendant les années quarante et cinquante, comme Gary Grant, Kim Novak, Bette Davis ou Marilyn Monroe. En énucléant les portraits de ces vedettes, l'artiste questionne une fois de plus le rapport au regard, mais aussi à l'idée de vue dans une nouvelle version homérienne. Le point de départ des classiques hollywoodiens n'est pas innocent car il interroge cette mémoire visuelle et ses rapports à la fiction.

En 2011, il présente Phantom, constitué d'un néon, et deux installations. Le néon, Unfinished, où les mots « Je suis le nombril du monde », ont été détruits par l’artiste. Les restes du néon continuent d’être allumés, comme le constat d’une fragilité assumée de l’artiste qui s’expose au monde. L’installation: I am also Hyde, dans un va-et-vient entre mémoire collective et personnelle, met en scène 400 cadres, où il est question du regard de l'artiste sur lui même, et du coté obscur de la condition humaine. Cette œuvre est avant tout une installation autobiographique, où se déploient des images, des photos, des dessins, ainsi que des objets personnels de l’artiste. Pour la première fois, Douglas ne s’approprie pas des éléments de la culture populaire, mais livre sa propre histoire.
Dans l’installation Phantom, qui donne son nom à l'ensemble, le dispositif se compose d’un écran où est diffusée une vidéo, une estrade, des miroirs sur les murs de l’espace plongé dans le noir, et un piano à queue. La vidéo projetée au sein de cette installation résulte de l’invitation lancée par l’auteur-compositeur-interprète Rufus Wainwright. Dans un rapport frontal, presque animal, Douglas amène le spectateur dans un lieu métaphorique d’une expérience mentale et physique presque mystique. Les miroirs disposés à l’intérieur de l’espace, ainsi que le piano à queue amplifient la théâtralité du dispositif, et décuplent le caractère étrange de cet oeil, l’œil de Rufus capté par l’artiste.

Merci de cliquer sur le partenaire situé au dessus

 


Galerie Virtuelle


A Divided Self II, installation vidéo (1996)

Confessions of a Justified Sinner (1995)

Predictable Incident in Unfamiliar Surroundings (1995)

Douglas Gordon T-Shirt (1997)

Monument to X (1992)

.
The blind Star I et II (2002)

Museum key (1992)

Autoportrait en Marylin Monroe (1996)

Through a looking glass (1999)

Hand with spot (2001)

Main affichée sur le Hirshorn Museum,Washington, DC (2004)

Phantom (2011)
Licence : Les textes sont en reproduction libre sous conditions Créative Commons Art-Passion

Les illustrations ont un statut variable: Domaine Public /ou/ Fair Use (droit de citation dans un but informatif) /ou/ © auteur . . . . . Sommaire