Sommaire

Ces pages sont rédigées par et pour des passionnés d'Art Contemporain.


Jacques Monory à Vitry,
novembre 2005

Jacques Monory (1924 - )

Jacques Monory est né à Paris en juin 1924. Une incertitude a longtemps plané sur cette date car il se rajeunit de dix ans en 1964 lors de l’exposition « Mythologies quotidiennes » présentée au Musée d’art moderne de la ville de Paris, véritable manifeste de la Figuration narrative dont il deviendra une des figures majeures.
Cette incertitude est à rapprocher de la notion de temps chez Jacques Monory (voir plus loin)

Il vit et travaille à Cachan (Val de Marne)

Jacques Monory naît à Paris d’une mère couturière et d’un père argentin, chauffeur pour dames ou pour révolutionnaires des Brigades internationales, c’est selon. Allergique à la scolarité, il réussit pourtant en 1939 le concours d’entrée de l’Ecole des arts appliqués à l’Industrie dont il sera diplômé et où il étudie la peinture, le graphisme, la décoration et la fresque (1939-1944).

il travaille dix ans avec l’éditeur Robert Delpire et se trouve alors en contact avec l’univers des documents photographiques, des reproductions, des magazines et des livres d’art, ce qui infl uencera particulièrement sa pratique picturale. En 1952 a lieu sa première exposition personnelle à Paris, remarquée par la presse de l’époque et poursuit, à côté et en marge de cette activité, une peinture toute d'opposition à ce travail quotidien.

Après une période de figuration à forte coloration onirique, succède (1957-58) des collages à partir de photographes en couleur.

Vers 1962, Monory commence à amorcer un mouvement qui aboutira, en 1965, à une image plus précise. Le chemin de Monory, entre 1963 et 1965, marque sa propre libération vers une image plus nette et plus froide. Il participe à l'exposition " Mythologies quotidiennes" en 1964 au Musée d'art moderne de la ville de Paris.

Jacques Monory a été l'un des principaux représentants du courant de la "Figuration narrative", qui, dans les années 60, s'est opposé à la fois à la peinture abstraite, géométrique, cinétique ou informelle et à l'art des nouveaux réalistes. Ses tableaux suggèrent des atmosphères lourdes et menaçantes.

Les thèmes sont développés par des séries de toiles et les images qu'il utilise sont directement issues de la civilisation moderne. Des emprunts photographiques et cinématographiques, le recours à la monochromie, la froideur de la touche et de la composition caractérisent un style singulier et engagé dans la représentation.

Monory procéde par séries, mais semble insensible au temps, dans la mesure où il est très difficile de dater une peinture par son style. Par exemple les tableaux à dominante bleu nuit se retrouvent tout au long des 50 ans de sa carrière.

Monory déclare "Le cul–de-sac de la peinture française des années cinquante, mon intérêt pour la vie quotidienne contemporaine et mon désintérêt pour les recherches purement formelles, la découverte des premières reproductions de peintures pop anglaises et américaines, la rencontre de Bernard Rancillac et Hervé Télémaque furent déterminants pour me conduire du côté de la figuration narrative."

Mais il faudrait ajouter la lecture de Sénèque, d’Epictète, tout ce qui tourne autour de l’existentialisme, les documents sur les camps de concentration, Un Bar aux Folies-Bergère de Manet, Citizen Kane d’Orson Welles, Gun Crazy de Joseph Lewis, à mes yeux le plus beau de tous les films, White Heat de Raoul Walsh, La jetée de Chris Marker, le travail et les attitudes d’artistes tels que Andy Warhol, Daniel Pommereulle, Hans Haacke ou Douglas Gordon.

Alain Jouffroy déclare:
" Pour Monory, la société contemporaine est une ennemie dont il faut contourner les obstacles et les interdits, parce qu’elle est dangereuse, sinon meurtrière pour tous les individus qui recherchent la liberté. Il a donc consacré de nombreux tableaux au thème du meurtre et du suicide, et si ces tableaux ont des accents bouleversants, c’est que, pour lui, il s’agit toujours de conjurer la mort qu’il voit cachée derrière toutes choses, à tous les coins de rue. On ne peut imaginer œuvre plus cohérente, plus fidèle à sa propre ligne ; qu’il peigne la banquise, un tigre en cage ou l’entrée d’un hôtel, le regardeur est confronté au même monde : celui que Monory invente par la vision qu’il a de tout ce qu’il regarde, de tout de qui l’étonne ou l’effraie. C’est pourquoi sa peinture ne ressemble à celle de personne, parce qu’elle concilie exactement l’objectivité apparente (la photo) et la subjectivité la plus intime (le sentiment de solitude)."

Principales expositions personnelles:

  • 1955 Galerie Kléber, Paris, France.
  • 1959 Galerie La Hune, Paris, France.
  • 1965 Galerie H. Legendre, Paris, France.
  • 1966 Galerie Schwarz, Milan, Italie.
  • 1967 Galerie Mommaton, Paris, France.
  • 1969 Galerie Il Punto, Turin, Italie.
  • 1971 Galerie Klang, Cologne, Allemagne.
    A.R.C., Musée d'Art moderne de la Ville de Paris: Velvet Jungle, N.Y.
    Palais des Beaux Arts, Bruxelles, Belgique
  • 1972 Stedelijk Museum, Amsterdam, Pays Bas.
    Musée de Saint-Etienne, Saint Etienne, France.
  • 1973 Galleria Borgogna, Milan, Italie.
    Centre culturelle de Villeparisis, Villeparisis, France.
  • 1974 C.N.A.C., Musée National d'Art moderne, Paris: Les premiers numéros du catalogue des images incurables.
  • 1975 Galerie Maeght, Zurich, Suisse.
  • 1976 Galerie Maeght, Paris, France: Opéras glacés .
  • 1977 Palais des Beaux Arts, Charleroi, Belgique.
  • 1979 Maison de la Culture de Rennes, Rennes, France: Monory .
  • 1980 Galerie Maeght, Barcelone, Espagne.
  • 1981 Galerie Galerie Maeght, Paris, France: Ciel, nébuleuses et galaxies.
  • 1982 Musée des Beaux Arts, Pau, France.
  • 1983 Maison de la Culture de Grenoble, France: Dynamite .
  • 1984 A.R.C., Musée d'Art moderne de la Ville de Paris: Toxique .
  • 1986 Galerie Pierre Huber, Genève, Suisse: Encore une fois paraître à la terrasse .
    Fuji Television Gallery, Tokyo, Japon: Monory .
  • 1987 Galerie Lelong, Paris, France: La Voleuse .
  • 1988 Galerie de l'Ancienne Poste, Centre de développement culturelle, Calais, France: Le peintre .
  • 1989 Galerie La Défense Art 4 : Grands formats en bleu, rose et noir .
  • 1990 Galerie Loft, Paris, France: Alptraum.
    Centre culturelle d'Aoste, Italie: Sade - Révolution impossible .
  • 1991 Galerie Andata Ritorno, Genève, Suisse: Le dernier tableau .
    Galerie Lelong, Paris, France: Noir .
  • 1992 Exposition Universelle, Pavillon français, Séville, Espagne.
  • 1994 Galerie Lelong, Paris, France: Les éléments du désastre.
  • 1995 Champ-clause F.60: Jardinage No 3 .
  • 1996 Centre Culturelle, Galerie du Théâtre, Cherbourg, France: Enigme I .
    Galerie Le Grand Café, Festival "Délits d'encre", Saint-Nazaire, France: Enigme 2 .
  • 1997 Municipal Art Museum, Reykjavik, Islande: Froid .
    Nova Sin Gallery, Prague. République Tchèque: Enigme 3 .
    Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer, France: Cinénigme .
  • 1998 Maison d'art contemporain, Chailloux-Fresnes, France: Epilogue .
  • 1999 Musée des Beaux Arts, Angers, France: Ex-Crime .
    Palais des Congrès, Paris, France: Documents .
    Galerie Gimpel, Londres, Angleterre: Sérigraphies bleues .
  • 2000 FIAC, Paris : One man show Monory .
  • 2001 Château prieural de Monsempron-Libos, France: Trente-six baisers, deux tremblements, une énigme .
  • 2002 , Galerie Serge Laurent, Paris: Paranoï’Art.
  • 2003 Ludwig Museum, Koblenz, Allemagne: Extraits
    Espace Paul Rebeyrolle, Eymoutiers (Haute Vienne): Nocturne
  • 2004 Fondation Claudine et Jean-Marc Salomon, Alex (Haute Savoie): J'ai vécu une autre vie
    Maison des Arts de Malakoff (Hauts de Seine): Shopping
  • 2005 Galerie Ernst Hilger, Vienne, Autriche: Vitrines W
    Domaine de Lescombe, Eysines (Gironde): Multiples
    Exposition inaugurale Musée d'art Moderne de Vitry-sur-Seine: Détour.
  • 2006 Années 70, galerie Maeght, Paris
  • 2007 Folies de femmes, Galerie Ernst Hilger, Vienne At.
    Espace Jean Legendre Souvenir, Théâtre de Compiègne
  • 2008 Roman Photo, Maison Européenne de la Photographie, Paris
    Jacques Monory, 72/08, Galerie Maeght
    Paris Roman noir, Galerie Sonia Zannettacci, Art Paris, Grand Palais, Paris
  • 2009 Tigre, Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence
  • 2010 « Évasion », Forteresse de Salses (Cycle Casanova Forever FRAC Pyrénées-Orientales).
  • 2011 « Never the Same River (Possible Futures, Probable Pasts) », Selected by Simon Starling, Camden Art Centr, Londres

Principales expositions collectives au XXI siècle:

  • 12000: « La Figuration narrative », villa Tamaris Pacha, La Seyne-sur-Mer ; Bergen Art Museum, Bergen, Danemark ; Reykjavik Art Museum, Reykjavik, Islande
  • 2000 : Kunts Muséum of Bergen (Norvège Exposition collective sur la Figuration Narrative.
  • 2001 : « Les Années Pop », MNAM, Centre Pompidou, Paris
  • 2004 « Boulgakov ou l'Esprit de Liberté », Musée des Beaux-Arts d'Ukraine, Institut Français d'Ukraine Kiev(avec Erro et Peter Klasen).
  • 2006 : « La Figuration narrative dans les collections publiques, 1964-1977 », musée des beaux-arts d'Orléans et musée des beaux-arts de Dole
  • 2006 « Noir c'est la vie…comme un polar », centre d'art contemporain de Meymac (Corrèze)
  • 2008 : « Figuration narrative, 1960-1972 », galeries nationales du Grand Palais, Paris et IVAM de Valencia en Espagne.
  • 2008 « La Figuration narrative », galerie Anne-Marie et Roland Pallade, Lyon « In-Finitum » Palazzo Fortuny, Piazza San Marco Venezia, Italie. 6 Juin/11 Nov
  • 2009 Fondazione Musei Civici di Venezia.
  • 2011 « Hyper Real die Passion des Realen in der Malerei und Fotografie » MUMOK Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien, Autriche.

La plupart des toiles de Jacques Monory s'organisent en séries qui composent un poème synthètisant son oeuvre. Certaines sont datées, d'autres non.
Chaque série est composée de plusieurs tableaux, la plus courte en comptant 5 (l'Hommage à Caspar David Friedrich), d'autres sont encore en chantiers.
Voici la liste des séries qui se poursuivent
  • Portraits
  • 1968 : Meurtres (comme la nuit américaine)
  • 1969-1971 : Velvet Jungle
  • 1970-1972 : Dreamtigers
  • 1971-1972 : Mesures
  • 1971-1974 : N.Y. et U.S.A.
  • 1972 : Rêves
  • 1972-1974 : Images incurables
  • 1973-1976 : Hommage à Caspar David Friedrich
  • 1974-1975 : Opéras glacés
  • 1974-1975: Death Valley
  • Catastrophes
  • 1976-1977 : Technicolor
  • 1978-1979 : Ciels, nébuleuses et galaxies
  • 1980 : Fuite
  • 1982-1983 : Toxiques
  • 1983-1990 : Fragile
  • 1984-1986 : Le Peintre
  • 1985-1986 : La Voleuse
  • 1986-1987 : Tanatorolls
  • 1987-1994 : Alptraum
  • 1988 : Jardinage
  • 1990-1991 : Noir
  • 1991-1996 : Énigmes
  • La Vie imaginaire de Jonc Erouas Cym
  • Baisers
  • 1997-1999 : Ang et Documents
  • Paraître encore une fois à la terasse
  • Sade-révolution
  • Métacrimes
  • Alptraum
  • Noir
  • Peintures à vendre
  • Enigmes
  • Les éléments du désastre
  • Suppléments
  • 1999-2003 : Nuit
  • 2000 : Tremblements
  • 2005-2007 : Folies de femmes
  • 2006-2008 : Abréviation du vide
  • 2006 : Roman-photo
  • 2007 : Voitures de rêve
  • 2008 : Tigres
  • 2010 : Peintures sentimentales / La Fin de Madame Gardénia
  • 2011 : Noir et Bleu

Galerie Virtuelle


6 heures du matin, elle (1966)

 



New-York Central Park (1971)

 



Toxique 26 (1983)

La Voleuse N°1 (1985 )

Fragile # 6 (1985)

Noir N°5 (1990)

Speciale IRCAM N° 2, Huile sur toile et néon, 1991

Ang N°6 (1998)

Tigre 2008

En murmurant (1969)

Affiche pour la Coupe du monde de football,
Vigo (1982 )

Bleu

La vie imaginaire de Jonq' Erouas Cym (1 et 2)


La terrasse, (1989)

Couleur No. 14 , (2003 )

Monophonie N° 7 (2004)

Vitrine # 16 (2004)

Les illustrations ont un statut variable: Domaine Public /ou/ Fair Use (droit de citation dans un but informatif) /ou/ © auteur . . . . . Sommaire