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Takashi Murakami  (村上  隆) 1962 - 

Takashi Murakami est né à Tokyo en 1962.

Il vit et travaille à Tokyo.

Takashi Murakami fait ses études à la Tokyo University of Fine Arts and Music (département peinture, 1986-1993).

Sa première exposition personnelle a lieu en 1989. Depuis lors, il revendique la pratique d'un art japonais autonome, d'un "nouveau japonisme", qui ne soit pas imitation de l'art occidental. Représentant de la nouvelle culture japonaise, il est l’un des artistes japonais les plus populaires aujourd’hui.

Bien qu'inscrite en écho au Japon traditionnel de l'ère Edo, l'œuvre de Murakami est le reflet de la société contemporaine et de la nouvelle culture japonaise, imprégnée de l'imaginaire des mangas. Considéré comme l'un des chefs de file du néopop japonais, Murakami revendique l'héritage de Warhol et du pop art américain, tout en analysant la manière dont l'art japonais peut trouver une autonomie face au modèle occidental.

Il crée des sculptures monumentales, peintures, papiers peints, et autres objets. Ses œuvres puisent directement dans l'imagerie manga japonaise, qui est détournée et amplifiée sur des thèmes ou émergent des questionnements à première vue absents de l'aura kitsch et kawaii des bandes dessinées japonaises.

Il cristallise dans ses œuvres et ses projets, la nouvelle subculture de Tokyo. Il est le représentant d’une génération imprégnée de l’imaginaire des mangas et des otakus. Au fil du temps, les personnages se mettent à grouiller sur différents supports en deux dimensions ou sont moulés, dans des formats divers, du minuscule au géant, en fibre de verre et peints (Hiropon, 1997).

Ils prennent aussi la forme de ballons géants en plastique aux couleurs criardes et, gonflés à l'hélium, qui envahissent les espaces d'exposition (Mr.Dob, 1997). Il réfléchit particulièrement aux scénographies pour "que le public ait l'impression d'être entouré par une multitude de caméras, même s'il se trouve en face d'une seule et même image". Une figure à grosse tête, Dobe (qui a pris aujourd'hui pour lui "valeur d'autoportrait"), revient de manière répétée (Dob in the Strange Forest, 1999), de même que les personnages Kaikai et Kiki ainsi que des motifs de champignons (Super Nova), de fleur et d'yeux (Jellyfish Eyes).

A la fin des années 80, il crée la Hiropon Factory, devenue aujourd'hui la Kaikai Kiki Corporation. La société crée des logos, des T-shirts, des motifs pour des vêtements, toutes sortes de produits dérivés. Takashi Murakami coordonne aussi des expositions montrant les œuvres de jeunes artistes de son pays.

Son activité de commissaire d’exposition est pour lui tout aussi importante que son travail d’artiste. Lorsqu’il organise une exposition, il essaie à chaque fois de capter les aspects à mettre en valeur ceux de la spécificité japonaise. Il tente de mettre en relief le point de rencontre entre culture nippone et occidentale, il veut montrer des aspects de sa culture que les Occidentaux détestent ou ne comprennent pas. Chiho Aoshima, jeune artiste japonaise, est ainsi parrainée par Murakami, dont elle partage le style. Murakami a par ailleurs collaboré avec la marque de maroquinerie de luxe Louis Vuitton. Il conçoit pour la collection de l’année 2004, de nouveaux motifs alliant son univers à ceux de cette grande marque.

L'oeuvre de Takashi Murakami, par sa mièvrerie revendiquée, prend violemment à rebours nos goûts et notre sacralisation de l'art. Elle magnifie une sous-culture japonaise que nous cherchons désespérément à épargner à nos enfants lorsqu'elle s'incarne dans des dessins animés bêtifiants et agressifs.

Mais, lors d'une exposition en 2002 à la Fondation Cartier, Takashi Murakami entend définir ainsi l'identité japonaise contemporaine. « Je voulais montrer à l'Occident, et surtout à la France, patrie des beaux-arts et de la culture d'élite, que nous avons délibérément choisi cette sous-culture si méprisée en Europe. S'il existe aussi un art d'élite au Japon, il fonctionne sur un complexe d'infériorité à l'égard de l'Occident. Nous devons cesser cette imitation qui nous tourne en ridicule, quand notre force créative s'exprime dans les productions les plus populaires. »

Pareil manifeste décrète implicitement que notre art élitiste, bourgeois, sacralisé, est une survivance anachronique. Takashi Murakami ne prétend pas être un « génie », mais revendique simplement sa démarche: « Au Japon, un jeune doué en dessin aspire non pas à être artiste mais à devenir dessinateur de manga ou de dessin animé », explique-t-il. Tant d'énergie créatrice vouée aux tanks miniatures, aux animaux à grands yeux, aux robots musculeux, aux atmosphères sucrées de sous-bois, bref à l'infantilisme !

Kawai, le « mignon » est érigé en valeur. Quand Murakami raconte la genèse de ses oeuvres, cela commence toujours par « quand j'étais petit... » Au-delà du graphisme, cette fascination pour l'enfance s'exprime au Japon par la toute-puissante culture otaku, manière obsessionnelle de s'adonner à la lecture des mangas, à la construction de maquettes, aux collections diverses. Plus de 500 000 fans collectionneraient ainsi les figurines de Gundam, le héros intersidéral.

Takashi Murakami expose au château de Versailles du 14 septembre au 12 décembre 2010, dans les Grands Appartements et Galerie des Glaces.

Murakami déclare
« Pour un japonais, y compris moi, le Château de Versailles est l’un des plus grands symboles de l’histoire occidentale. C’est l’emblème d’une ambition d’élégance, de sophistication et d’art dont la plupart d’entre nous ne pouvons que rêver. Bien sûr nous comprenons que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la révolution est directement partie du centre du bâtiment.
Mais, sous de nombreux aspects, tout est transmis à travers un récit fantastique venant d’un royaume très lointain. Tout comme les français peuvent avoir du mal à recréer dans leur esprit une image exacte de l’époque des Samouraïs, l’histoire de ce palais s’est étiolée pour nous dans la réalité. Donc, il est probable que le Versailles de mon imagination corresponde à une exagération et à une transformation de mon esprit jusqu’au point d’être devenu une sorte de monde irréel à part entière. C’est ce que j’ai essayé de saisir dans cette exposition
. »


Galerie Virtuelle


Reverse Double Hélix

Panda-fibre 2003


My Lonesome Cowboy
1998, sculpture vinylique

Dans My Lonesome Cowboy, un adolescent tout droit sorti d'une série de Dragon Ball Z, brandit une salve de sperme jaillissant de son sexe, comme un lasso.
L'univers de pouvoirs magiques et surhumains propres aux mangas est traité ici sur un mode ironique, celui de la solitude et de la frustration.

Hiropon, 1998, sculpture vinylique

Hiropon est le pendant féminin de My Lonesome Cowboy.
Dans ce cas, c'est le lait qui jaillit avec abondance d'un poitrine hypertrophiée

Mister Dob

Mr. Dob prend pour Takashi Murakami une valeur d’autoportrait. Mais ce personnage est d’abord né dans un contexte particulier : il s’est révélé à un moment où des artistes comme Jenny Holzer ou Barbara Kruger, qui dans leurs travaux jouaient énormément sur le mot et son message, étaient présentés au japon. Ce types d’œuvres avaient un grand succès dans son pays quand Murakami a débuté.
Le concept de Mr. Dob est né en relation à ces artistes quand il s’est rendu compte qu’en alignant des mots sans rapport entre eux, il pouvait faire à la manière de Jenny Holzer.

Murakami a d’abord créé des caissons lumineux qui portaient les mots « dobojite, dobojite, oshamanbe», mais son objectif principal était de montrer que l’art prôné par ces artistes américains ne convenait pas du tout aux Japonais, qu’il fallait cesser cette imitation qui les tournait en ridicule.

Murakami a donc préféré se diriger vers les gags qu’il qualifie lui-même de stupides : ce choix parait pour lui être plus honnête. Mr. Dob est d’abord apparu sous la forme d’une simple figure avec deux oreilles ( la gauche portant la lettre D, la droite la lettre B, le visage formant le O )

Il n’est devenu un personnage que par la suite et créé ainsi une image séduisante et kawaii (mignon) qui marque le Japon dans son quotidien et dans son imaginaire. A travers lui, il s’agissait notamment de faire comprendre aux artistes et aux critiques japonais qu’il fallait trouver un autre moyen d’expression.

Mr Dob est une sorte de Mickey Mouse tel qu’il serait impensable de le voir chez Disney. Mr. Dob prendra différentes apparences, le plus souvent inquiétantes. D’abord reçu avec beaucoup de réserve, Mr. Dob devient par la suite un succès populaire qui a la force d'une image publicitaire.

Dob étant l’abréviation du gag « dobojite, dobojite, oshamanbe »
dobojite, dobojite : prononciation confuse du japonais doshite qui signifie pourquoi ?. oshamanbe et à la fois le nom d’une place à Hokkaido et contient aussi la syllabe « man », à connotations sexuelles.

Mr Dob en tapis de souris...


Mister Dob in the rain Forest
Installation 1999

Mister Dob
huile sur toile, 1999

Kawaii! vacances d'été

2002 Acrylique sur toile marouflée sur panneau 300x900x7

Le motif des fleurs apparaît beaucoup dans l’œuvre de Murakami.
Les premières sont nées lors de son concours d’entrée à l’université des beaux-arts pour la section nihon-ga dont l’examen portait sur ces dessins de fleurs.
Puis pendant neuf ans, il a enseigné aux élèves d’une école préparatoire à les dessiner. « Je dois franchement dire qu’au début je n’aimais pas les fleurs : malgré leur parfum, leur forme, tout ce qui me donnait presque mal au cœur, je les trouvais de plus en plus mignonnes : chacune semblait avoir ses sentiments, sa personnalité. Pourtant prédominait en moi une sensation de malaise, et c’est justement cela qui me faisait apprécier de plus en plus les fleurs. J’en dessine très fréquemment, cette sensation m’est revenue avec force : cette même force produite par un visage humain lorsqu’on entreprend de le dessiner. »
Ses peintures de fleurs semblent les faire apparaître comme dans une scène de foule en mouvement, menaçante et qui se rapproche. Souvent développées en polyptiques, les toiles de Murakami évoquent aussi formellement les peintures anciennes de paravents.
L’artiste rejoint ainsi un aspect essentiel de l’art japonais traditionnel, le goût du décoratif qui répond à une célébration de la vie et à la prise de conscience de la fugacité des choses.

Sacs Louis-Vuitton 2002-2003

Takashi Murakimi apporte un grain de fantaisie à la très célébre Maison de Haute Couture Parisienne


World of Sphere, acrylique, 2003

Killer Pink, acrylique, 2004

2010: Murakami au Chateau de Versailles

 

Takashi Murakami expose au château de Versailles, du 14 septembre au 12 décembre 2010, Grands Appartements et Galerie des Glaces, plus une sculpture en extérieur au parterre d'eau.

Je suis le chat du Cheshire qui accueille Alice au pays des merveilles avec son sourire diabolique, et bavarde pendant qu’elle se balade autour du Château. D’un sourire enjoué, je vous invite tous à découvrir le pays des merveilles de Versailles.

Takashi Murakami présente 22 pièces dont 11 ont été créées pour l’événement en accord avec la salle où elles sont posées ; une seule est dans le jardin.

Plus encore qu’avec Jeff Koons ou Xavier Veilhan, cette exposition est une splendeur à la hauteur du lieu.

Les pièces s’intègrent bien dans les salles et respectent le lieu ; elles sont délicates, précieuses, nuancées dans leurs matières et leurs couleurs ; outre le fait que Takashi Murakami est un artiste très précis et familier des matériaux précieux, il est aussi bien conscient de l’enjeu de Versailles : "c’est l’un des plus grands symboles de l’histoire occidentale, emblème d’une ambition d’élégance, de sophistication et d’art".

Un aspect intéressant est la rencontre des mythologies : les allégories et autres mythes versaillais dialoguent avec ces créatures oniriques inspirées de l’art traditionnel japonais.

Hommage to Yves Klein

En 2011, à la Galerie Perrotin, Takashi Murakami se confronte à l’oeuvre de Yves Klein en s’emparant de certaines de ses peintures dont il a conservé les formats originels .
Une certaine quête d’absolu et de perfection réunit les deux artistes. Déjà en 1991, Murakami peint des monochromes rappelant les recherches de Yves Klein («Azure»).
En 1995, il réalise un triptyque de feuilles d’or et d’argent sur bois («Rose II») évoquant tels les monochromes de Yves Klein, les fonds fabuleux de la tradition picturale au Japon.
En 2006, il dissimule l’empreinte de son corps sur la toile , à la manière des anthropométries, par des carrés de couleur hypnotiques et ‘énergétiques’ («Acupuncture Paintings»).

Murakami réinterprète l’art des vanités à travers des accumulations de crânes ou de fleurs, vertiges de l’infini où le motif semble disparaître/s’effacer à travers sa propre répétition abstractisante ; «MGST, 1962->2011» ; «MCBST, 1959->2011» ; «MCRST, 1962->2011», etc.

Murakami -Ego Doha, Quatar février à juin 2012

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