Charlie et la chocolaterie de Tim Burton
, sorti en 2005

Charlie Bucket est un petit garçon très pauvre qui vit avec son père, sa mère, et ses quatre grands-parents dans une petite cabane en bois. Il subit la pire torture qui soit car il adore le chocolat, et il habite à côté de la chocolaterie de Monsieur Willy Wonka, le plus grand chocolatier du monde. Sa famille étant sans le sou, il ne reçoit qu'une tablette de chocolat par an, le jour de son anniversaire.

Mais, cette année, le chocolatier annonce au monde entier qu'un jour, exceptionnellement, il va ouvrir les portes de son usine à cinq enfants. Wonka, le génie de la friandise, y est enfermé seul depuis des années, sans ouvriers. Pourtant, chaque nuit, les roues des camions de l'usine laissent des sillons dans la neige, emportant bonbecs et chocolats vers les papilles émerveillées des enfants du monde entier. Un jour, miracle, Wonka organise une loterie. Cinq tickets d'or glissés dans ses tablettes serviront de sésames pour une visite guidée de la chocolaterie. Charlie trouve un ticket. Il pourrait le vendre pour épaissir la soupe, mais un rêve, ça n'a pas de prix. Avec les quatre autres jeunes « élus », il entre dans l'univers du chocolatier mystère. Pour les sales gosses, c'est le début de l'enfer...

L'idée d'adapter au cinéma le roman de Roald Dahl a germé dans l'esprit de Tim Burton dès la fin des années 1980. Cependant Roal Dahl, déçu par l'adaptation de Mel Stuart en 1971, s'y opposa. Le projet semblait alors envolé pour Burton mais la mort de Dahl en 1990 lui permet de retenter sa chance auprès des héritiers du romancier. Il faudra pourtant attendre 1998 pour qu'un accord soit trouvé et 2003 pour que le réalisateur, aidé par ses deux derniers succès (La Planète des singes (2001) et Big Fish), décide de se lancer dans cette adaptation.

Dans le film, Tim Burton accorde une place importante à la psychologie de Willy Wonka et notamment au traumatisme causé par son père dentiste sur le jeune Willy. Or le père de Johnny Depp était lui aussi dentiste.

Les décors utilisés pour le film ont mobilisé l'ensemble des 7 plate-formes des studios de Pinewood. Le grand fleuve en chocolat et sa cascade ont été remplies avec 120 000 litres d'un mélange fourni par Nestlé. Burton a confectionné une confiserie extravagante, à la manière de ces réglisses fourrées de rose et de vert chimiques.

Fidèle à Roald Dahl, Burton s'en donne à cœur joie pour passer l'enfance à la moulinette. Ravi de transformer, à grands coups d'effets spéciaux, une abominable mâchouilleuse de chewing-gum en myrtille géante ou de laisser une capricieuse aux mains, pardon, aux pattes expertes de centaines d'écureuils ! Bienvenue dans un nouveau Neverland où Peter Pan serait directeur de maison de redressement ! Dans ce parc d'attractions du meilleur mauvais goût, on parcourt en drakkar rose des canaux que le flux de chocolat rend étrangement intestinaux, avant de stopper devant des labos aseptisés, blanc immaculé.

Tim Burton ne lésine pas sur les colorants et joue volontiers aux frontières de l'écoeurement. Mais il comble les adultes avec des clins d'oeils tordant à Michael Jackson, Kubrick ou Esther Williams ! S'il n'y avait « que » cela, le cinéaste prétendrait seulement au diplôme du meilleur confiseur industriel de l'année. Mais il y a Willy Wonka. De ce personnage, que Roald Dahl traitait juste comme un frappadingue, Tim fait une créature 100 % burtonienne. En lui inventant une enfance corsetée par un monstrueux appareil dentaire, il le place dans la lignée d'Edward aux mains d'argent.

Comme toujours chez lui, d'un handicap (un père dentiste !) naît le talent. Et un rapport décalé avec le réel. Son Wonka est un créateur autiste, qui a mis le chocolat entre lui et le monde, un vieil enfant qui rit à contretemps. Dans le rôle, Johnny Depp perfectionne encore son art minimaliste. Une intonation, un bégaiement, une présence asexuée : totalement pur et incroyablement inquiétant. Un tel personnage, en sucre glacé, ne fond pas facilement, même à la chaleur d'un happy end.

Quand Charlie lui offre une famille, Wonka la met sous cloche, dans son usine, sous de la neige artificielle. L'artiste ne va pas au monde, c'est le monde qui doit se plier à ses caprices. On est rassuré. Même aux commandes d'une grosse machine chocolatée, Tim Burton tient à rester riche en cacao amer.

Distribution

  • Johnny Depp : Willy Wonka
  • Freddie Highmore : Charlie Bucket
  • David Kelly : Grand papa Joe
  • Helena Bonham Carter : Mme Bucket
  • Noah Taylor : Mr Bucket
  • Missi Pyle : Mme Beauregard
  • James Fox : Mr Salt
  • Deep Roy : Oompa Loompa
  • Christopher Lee : Dr Wonka
  • Adam Godley : Mr Teavee
  • Franziska Troegner : Mme Gloop
  • Annasophia Robb : Violet Beauregard
  • Julia Winter : Veruca Salt
  • Jordan Fry : Mike Teavee
  • Philip Wiegratz : Augustus Gloop

Fiche technique

  • Titre original : Charlie and the Chocolate Factory
  • Réalisation : Tim Burton
  • Scénario : John August, d'après le roman de Roald Dahl
  • Production : Brad Grey, Richard D. Zanuck, Katterli Frauenfelder, Brenda Berrisford et Derek Frey
  • Sociétés de production : Warner Bros. Pictures et Village Roadshow Pictures
  • Musique : Gardner DeAguiar, Danny Elfman, RaVani Flood, Manuel Ignacio et Jesse Shaternick
  • Photographie : Philippe Rousselot
  • Montage : Chris Lebenzon
  • Pays d'origine : États-Unis, Royaume-Uni
  • Durée : 115 minutes
  • Dates de sortie :
    • Première à Hollywood : 10 juillet 2005
    • Belgique France Suisse : 13 juillet 2005
    • États-Unis Canada : 15 juillet 2005




Source: Film Wikia