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Plein Soleil, film français de René Clément, sorti en 1960. Un film classique qui imposa définitivement Alain Delon comme un très grand acteur français. Mais surtout un film magistral pour la peinture de l’ambiguïté humaine qu’il nous offre et pour une réalisation inspirée qui multiplie les signes et les correspondances propres à suggérer le mystère des êtres et les arcanes du destin.
Distribution:
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Critique Tom Ripley, jeune homme pauvre qui vit aux crochets de Philip Greenleaf, est chargé par le père très riche de ce dernier de le convaincre de retourner aux États-Unis, ce qui lui vaudra, à titre de récompense, une forte somme d’argent. Mais Philip n’en a cure et Tom, fasciné et contraint, le suit dans ses errances en Italie. Réalisé en 1959, ce film de René Clément, qui a fait l’objet d’une nouvelle version en 1999, Le talentueux Mr Ripley, s’impose comme l’une des œuvres majeures du cinéma français. Très curieusement, Plein soleil évoque Psychose, tourné un an plus tard par Hitchcock, tant pour sa structure car on trouve deux parties séparées par un meurtre qui provoque le même passage du centre d’intérêt d’un personnage à un autre, que pour sa thématique générale, montrer le condition de l’homme condamné à bâtir sa propre prison. Sa réalisation ne laisse rien au hasard et multiplie les correspondances visuelles de l’enfermement, boucle ou cercle récurrents. Si le film est ancré dans le réalisme d’un récit, la vie oisive des riches Américains dans une Italie de luxe, qui lui sert de toile de fond, il s’en évade sans cesse par une transfiguration visuelle symbolique qui l’enrichit et lui donne une dimension véritablement poétique. On songe, bien sûr, à deux séquences précises. D’abord, véritable épicentre du film, celle du meurtre. Rappelons-en les détails. Philippe Greenleaff et Tom
Ripley se retrouvent seuls sur le yacht après que Marge a été débarquée.
La mer est d’huile et le bateau, immobile. Or, à peine le meurtre est-il
commis que la mer est comme soulevée, que le voilier, secoué, se met
à tanguer comme s’il allait chavirer cependant que le vent siffle comme
une plainte, que la cloche du navire tinte comme pour un deuil et que
les voiles claquent en tous sens obligeant le meurtrier à parer au plus
pressé et à s’emparer du gouvernail, ce qui marque sa prise de pouvoir.
On pense immédiatement au film d’Hitchcock quand
Les Oiseaux fondent sur Bodega Bay pour châtier quelque faute humaine. A l’instant même du premier meurtre, la caméra montre,
en arrière plan, à deux reprises, un majestueux vaisseau aux voiles
blanches. Certes, du strict point de vue du récit on peut le considérer
comme un élément de suspens : un témoin a assisté, de loin, au crime
et son intervention peut bouleverser les plans de Ripley. Mais ce plan
du voilier peut aussi être interprété comme la représentation visuelle
de l’innocence perdue par Tom Ripley. D’autant plus qu’un second exemple,
le meurtre de l’ami de Greenleaff, renforce cette lecture. Aussitôt
après l’acte, le regard de Ripley, qui est celui de la caméra, donne
à voir en plongée dans une cour d’immeuble, et à deux reprises, des
enfants qui jouent dans toute l’innocence de leur âge. Le premier niveau de perception doit s’accompagner d’un
regard plus exigeant qui, seul, peut permettre de voir au-delà de la
simple surface des choses. C’est que René Clément entend montrer toute
la contradiction de ses personnages, comme de tout être humain, entre
l’extérieur des apparences et la réalité intérieure. L’entame du film
proclame la gémellité, voire l’identité entre Philippe Greenleaff et
Tom Ripley parfaits complices. De même, lors d’une scène clé, face à un miroir, il imite
Greenleaff et embrasse son propre reflet dans un pur mimétisme et un
franc narcissisme. Cette scène, signe évident d’un dédoublement de personnalité,
annonce en réalité la suite du film et un véritable transfert en forme
de métamorphose de Ripley en Greenleaff par l’usurpation de personnalité
: copie de signature, imitation de voix, faux messages. |
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