Le film s'ouvre sur la soirée de « bahutage », véritable scène d'apocalypse, suivie immédiatement de l'annonce de la mort d'Aissa à sa famille. Il raconte ensuite les événements jusqu'à l'inhumation, relations entre la famille et les militaires ; relations avec le père d'Aissa, venu d'Algérie, tout en retraçant, par une succession de flashbacks, le parcours de la famille lors de son départ d'Algérie (notamment les relations difficiles avec le père), et une partie des études d'Aissa (qui fait un semestre d'études à Taiwan) ainsi que ses relations pas toujours faciles avec son frère aîné Ismael, au parcours scolaire plus modeste, et aux sources de revenu obscures. En ce qui concerne les suites de la mort d'Aissa, le film, dont le récit s'achève au bout de quelques jours, évoque très peu l'enquête (et pas du tout le procès), mais surtout la question des honneurs que l'armée et le gouvernement acceptent de lui rendre. Une inhumation aux Invalides n'étant pas possible, une cérémonie militaire a lieu au fort de Vincennes et le lieutenant Aissa Saidi est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, et non pas à Bobigny, comme d'abord proposé. Le film s'inspire du cas réel de Jallal Hami, le propre frère du réalisateur. Le réalisateur ne réduit pas l’histoire de la famille Saïdi à ce moment de basculement. L’auteur lui insuffle une dimension à la fois romanesque et autobiographique. Au fil des flash-back, la perte du frère ravive chez l’aîné, Ismaël les souvenirs : l’enfance en Algérie pendant les années où sévissait le Front islamique de salut, la violence d’un père partisan d’une éducation à la dure, la fuite en France avec la mère. Plus tard, l’errance d’Ismaël, vivant de combines, pendant que son cadet fait de brillantes études à Sciences po. Et, à la faveur d’une échappée à Taipeh, une confrontation salutaire entre le « bon » et le « mauvais » frère. En éclatant son récit entre différents pays et différentes temporalités, Rachid Hami raconte une épopée familiale sensible, cruelle, portrait de deux générations d’immigrés qui revendiquent leur place dans la société française. La fusion des mondes et des cultures finit par s’opérer lors d’une cérémonie funèbre, où l’hommage militaire côtoie les rites de l’islam. Les acteurs sont sobres et bouleversants, notamment Karim Leklou, dans le rôle du raté de la fratrie, et Lubna Azabal, en mère endeuillée, forte et digne. Faits réels , la mort de Jallal Hami, le propre frère du réalisateurJallal Hami naît le 29 mai 1988 en Algérie. Sa mère, directrice de collège, s’oppose aux islamistes qui veulent imposer des prières dans l’établissement. Leur maison est mitraillée en pleine nuit. En 1992, elle décide de quitter l’Algérie avec ses enfants, mais sans son époux, policier, qui préfère rester. Ils s'installent en Seine-Saint-Denis à Pierrefitte-sur-Seine. En 2005, Jallal obtient le baccalauréat « Lettres et histoire » et entre à Institut d'études politiques de Paris dans le cadre de la convention éducation prioritaire. En septembre 2012, il intègre l'école militaire de Saint-Cyr. La mort de Jallal Hami, brillant élève-officier survient le 30 octobre 2012 lors d’un exercice dit de « transmission des traditions », « bahutage », encouragé officieusement par la direction et qui peut facilement se transformer en « bizutage », pratique délictuelle. C'est l'ensemble des élèves de deuxième année qui assume chaque année la « transmission des traditions ». Les élèves de première année sont réveillés en pleine nuit, doivent s'équiper de leurs rangers et de leur casque et on leur impose le « défi » de traverser un étang d’une cinquantaine de mètres à la nage, pratique interdite de nuit en raison de sa dangerosité. Un premier groupe réussit la traversée dans une eau à 9 degrés, mais certains élèves qui se sont sentis menacés de noyade, alertent les organisateurs. Le bizuteur en chef s’entête et le bahutage se poursuit quand le groupe de Jallal Hami s’engage. La lumière du projecteur éclairant l'étang s’éteint au milieu du parcours et le chaos s'installe. Après la fin de l'opération, Jallal est retrouvé noyé près de la berge. Sept militaires, dont un général (colonel au moment des faits), sont poursuivis pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Rennes. La longue durée de l'instruction s'expliquerait, selon Le Monde, par le fait que « l’institution Saint-Cyr, connue pour son conservatisme, voire ses valeurs rétrogrades, n’aime pas que l’on se mêle de sa vie interne », et serait en partie due « aux réticences de l’institution militaire et à la mauvaise volonté des prévenus qui ont longtemps caché la réalité des faits ». Le procès a lieu en novembre 2020, où ils comparaissent effectivement pour homicide involontaire. Trois des prévenus sont condamnés : le capitaine Marc Assier de Pompignan et le chef de bataillon Hervé Wallerand à six mois de prison avec sursis et le deuxième année Hugues Delvove, à huit mois de prison avec sursis. Les quatre autres sont relaxés.
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Fiche technique:
Distribution
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Rachid Hami, né le 16 août 1985 à Alger en Algérie, est un acteur et réalisateur français. Après une interprétation remarquée dans L'Esquive d'Abdellatif Kechiche et dans Pour l'amour de dieu de Ahmed Bouchaala, il entreprend la réalisation de plusieurs moyens métrages, dont Point d'effet sans cause et Choisir d'aimer en 2007 où il interprète également un rôle aux côtés de Louis Garrel et Leila Bekhti. Il est très proche du réalisateur Arnaud Desplechin qui le soutient depuis ses débuts. Filmographie Acteur
Réalisateur
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