Ali Cherri

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Ali Cherri plasticien contemporain libanais né en 1976
Il vit et travaille à Paris et à Beyrouth

Biographie et œuvre

Né en 1976 à Beyrouth, Ali Cherri obtient une licence de graphisme à l’Université américaine de Beyrouth en 2000 et une maîtrise d’arts du spectacle à DasArts, Amsterdam, en 2005.

Ali Cherri réalise aussi bien des œuvres vidéo et des films que des installations ou encore des lithographies. Il puise ses sources autant dans l'histoire de son pays d'origine, le Liban, que dans celles du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Plus largement, il s’intéresse à la place que prennent les objets archéologiques dans l’élaboration des récits nationaux, comme l’illustre son film The Digger (2015). The Digger raconte l’activité quotidienne du gardien d’une nécropole datant du néolithique, qui doit « éviter que des ruines ne tombent en ruines ». Ce film souligne le paradoxe des tombes vides, où l’idée de la mort est évoquée par l’absence de reliques.

Dans sa série de lithographies Paysages Tremblants (2014), Ali Cherri étudie l’histoire des tremblements de terre dans des villes comme Beyrouth, Damas, Téhéran, Alger ou Erbil. Ces vues aériennes révèlent les failles sismiques de ces villes, comme les signes d’un présent intranquille, préoccupé par les catastrophes du passé et celles du futur qu’il cherche à éviter.

Ali Cherri combine dans ses installations de nombreux objets : des objets archéologiques et des animaux naturalisés qu’il achète via des collectionneurs ou dans des maisons de vente.

Cette appropriation des objets passe par une mise en valeur de ceux-ci par différents processus : combinaison d’objets de différentes époques pour créer un nouvel artéfact, exposition d’ensemble d’objets qui se donnent les uns les autres une signification particulière, des apparitions dans des films qui questionnent la notion d’archéologie ou de survivance de ce qui vient du passé. En effet, le travail d’Ali Cherri questionne la conservation des objets. Il interroge leur cycle de vie. Pourquoi les objets du passé devraient-ils être conservés et comment devrait-il l’être ? Pourquoi l’être humain s’attache à ce passé qui lui a permis d’exister et qui, en même temps, ne lui appartient plus ?

Avoir grandi dans un pays en guerre transforme la perception du monde et l’esthétique mise en œuvre dans ses pièces. Les œuvres du passé sont transcendées par l’intervention d’Ali Cherri et s’inscrivent dans ce qui pourrait être défini comme un art de la ruine.

A la Biennale de Melle 2018, il présente Plot for a possible resurrection (plan pour une éventuelle résurrection), et crée un espace de fouilles archéologiques où des objets sont divulgués et montrent des traces d’érosion. La boue sert à faire pousser les cultures par sa richesse mais aussi engloutit tout lors de cataclysmes. C’est cette boue qui s’empare de l’espace d’exposition et qui déverse quelques objets qu’elle a emprisonnés. La nature reprend toujours le dessus et ainsi, les objets transformés par l’homme, s’érodent. La pierre taillée redevient pierre, la terre redevient boue.

Expositions (sélection)

Galerie

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Plot for a possible resurrection
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