America, America

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America, America (America, America) est un film américain réalisé par Elia Kazan, sorti en 1963.

Synopsis

Stavros vit en Anatolie à la fin du XIXe siècle dans des conditions misérables, à transporter de la glace de la montagne pour la vendre au village. Il est grec et comme toute sa communauté, il subit l'oppression des Turcs. La tension atteint son paroxysme quand ces derniers se livrent à un véritable pogrom dans son village contre les Arméniens.

Dès lors, Stavros dont les ambitions d'immigrer en Amérique sont en germe, passe à l'action et entame le long et dangereux périple jusqu'à Constantinople pour embarquer sur un bateau à destination de New York. Il s'en va, muni de toute la fortune familiale. En cours de route, il fait la connaissance d'un vagabond, Osman, qui le sauve pour le voler ensuite. Dépouillé de tous ses biens, Stavros est nargué par Osman. Il le tue. Il arrive enfin à Constantinople, mais il se brouille avec son oncle.

Il devient portefaix et économise de l'argent pour payer son billet pour l'Amérique. De retour chez son oncle, il est encouragé à faire sa cour à la fille d'un riche marchand. La dot lui servira à acheter son billet. Il fait la connaissance du couple Kebabian. Stavros rompt avec sa fiancée et embarque sur le même paquebot que les Kebabian. Menaces de M. Kebabian. Dans la rade de New York, il prend la place de Hohannes, un ami qui s'est noyé. Il débarque ainsi en Amérique, muni de cinquante dollars et coiffé d'un canotier. Il embrasse le sol de l'Amérique. Devenu cireur de chaussures, il écrit à sa famille de venir le rejoindre.

Le film, comme le livre dont il est tiré, est largement autobiographique. Au début du film, la voix off d'Elia Kazan informe les spectateurs que l'histoire du film est celle de sa famille : « My name is Elia Kazan, i'm a Turk by birth, a Greek by blood and American because my uncle made a journey ».

L'écriture cinématographique est épurée et authentique, débarrassée totalement des clichés hollywoodiens sur le monde oriental. En toile de fond de ce voyage semé d’embûches vers un El dorado improbable, il met en scène les discriminations raciales que firent subir les turcs aux arméniens et grecs. Sa vision de la société orientale est sans fard : les visages sont marqués par la souffrance et le malheur, les femmes ne jouent pas les femmes fatales, la vie familiale est chaleureuse. Malgré quelques petites longueurs, on est saisi par le réalisme et la liberté de ton de ce film. L’acteur principal a pourtant une bonne présence, ténébreux, on le sent inspiré par les films de James Dean, et d’autres personnages sont assez forts, tels le père de sa “fiancée”.

Kazan a romancé l’histoire de son oncle pour les besoins du scénario comme il le dit lui-même le 8 Décembre 1963 dans le Herald Tribune : « Mon oncle occupe mon esprit parce que j’ai pensé à lui lorsque j’ai conçu, puis écrit, puis réalisé America America. Ce n’est pas vraiment son histoire, mais elle lui doit beaucoup. Et moi aussi. Je ne ferais probablement pas de films ni ne serais en Amérique s’il n’avait réussi à venir ici à la suite d’une saga qui est légendaire dans ma famille. » America America , au delà de l’aspect autobiographique, est avant tout l’histoire de l’odyssée des émigrants, vécue par des millions de personnes, et de la fascination exercée par l’Amérique. Voilà comment Kazan définit lui-même le projet d’America America en 1963 : « Le livre que j’ai écrit […] parle du désir et de la faim de ces êtres et de ce qu’ils finiront par faire pour parvenir jusqu’ici, jusqu’à endurer toutes les épreuves, tuer, abandonner même un peu de leur fierté et de leur honneur pour atteindre ce que nous tous ici, aujourd’hui, considérons comme acquis. »

Distribution

  • Stathis Giallelis : Stavros Topouzoglou
  • Frank Wolff : Vartan Damadian
  • Elena Karam : Vasso Topouzoglou
  • Lou Antonio : Abdul
  • John Marley : Garabet
  • Estelle Hemsley : La grand-mère Topouzoglou
  • Katharine Balfour : Sophia Kebabian
  • Harry Davis : Isaac Topouzoglou
  • Joanna Frank : Vartuhi
  • Robert H. Harris : Aratoon Kebabian
  • Salem Ludwig : Odysseus Topouzoglou
  • Paul Mann : Aleko Sinnikoglou
  • Linda Marsh : Thomna Sinnikoglou
  • Gregory Rozakis : Hohannes Gardashian

Fiche technique

  • Titre : America, America
  • Titre original : America, America
  • Réalisation : Elia Kazan
  • Scénario : Elia Kazan d'après son roman homonyme
  • Production : Elia Kazan et Charles H. Maguire
  • Musique originale: Mános Hadjidákis
  • Photographie : Haskell Wexler
  • Montage : Dede Allen
  • Pays d'origine : États-Unis
  • Format : Noir et blanc
  • Genre : Drame
  • Durée : 168 minutes
  • Dates de sortie : 15 décembre 1963 (USA) ; 16 juin 1964 (France)

Récompenses

  • Oscars du cinéma1964 : Meilleure direction artistique pour Gene Callahan ; nominations dans la catégorie meilleur film, meilleur réalisateur et scénario pour Elia Kazan.
  • Golden Globe 1964 : Meilleur réalisateur.
  • Festival international de San Sebastian 1964 : Grand prix.
  • National Film Registry 2001 : Sélectionné et conservé à la Bibliothèque du Congrès américain.
  • Ce film fait partie des 100 meilleurs filmsdes Cahiers du Cinéma (liste publiée en 2007)


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