Byzance

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Byzance ( το Βυζάντιον}} / to Byzántion, en latin Byzantium) ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du Bosphore sur une partie de l’actuelle Istanbul.

Fondation de la cité

La légende attribue la fondation de Byzance à Byzas qui était fils de Céroessa, elle-même fille de Zeus et d’Io. Il est généralement admis que la cité était une colonie mégarienne mais rien n'indique que le contingent des oikistes (les fondateurs) n'ait pas été composé également de citoyens d'autres cités. Eusèbe de Césarée avance une date précise pour la fondation de la cité : « la troisième année de la trentième olympiade », ce qui donnerait 667 av. J.-C.

Le toponyme dériverait du verbe buzō qui signifie : "resserrer", et serait une allusion à la physionomie du Bosphore qui est bien un "passage (poros) resserré (buzō)".

Périodes archaïque, classique et hellénistique

Byzance contrôlait le commerce de la mer Noire. Les marchands grecs en retiraient du cuir, des esclaves, du miel, de la cire et des salaisons, et lui donnaient en échange de l’huile et du vin. Cependant, la ville entourée de peuplades ennemies de la Thrace, était sans cesse exposée à leurs incursions, et voyait son territoire ravagé et les produits de son sol pillés. Quoique située au milieu des barbares, Byzance était considérée comme grecque, d’après son origine et ses mœurs. Sa fonction de verrou de la région du Bosphore explique qu'Athènes et Sparte se soient disputé son alliance, et que les princes qui voulurent abattre ces puissances et exercer une influence sur la Grèce aient cherché à s’assurer sa possession.

Les Ioniens, vassaux du roi de Perse Darius, prennent la ville en -504. Elle est prise à nouveau par Otane, un des généraux de Darius. Pausanias s’empare de la ville après le siège de Sestos en 478. Dans la révolte de Samos en -439, Byzance suit le destin de cette ville, révoltée contre les Athéniens, mais retombe en leur pouvoir après un siège opiniâtre de neuf mois.

Pendant la guerre du Péloponnèse, Byzance, en proie aux deux factions qui soutenaient les intérêts de Sparte et d’Athènes, est soumise avec les autres villes de l’Hellespont, à l’influence de ces deux puissances tour à tour victorieuses. Après la bataille d’Aigos-Potamos et la prise d’Athènes, qui mirent fin à la guerre du Péloponnèse, elle est forcée par le Spartiate Lysandre de renvoyer la garnison athénienne, et de recevoir, comme toutes les villes de la Grèce, un commandant lacédémonien ou harmoste, investi à la fois de l’autorité civile et militaire.

Liguée avec Rhodes et Chios, Byzance s'affranchit du joug d’Athènes en -364. Après une période de la guerre sociale, où Charès tente de la faire rentrer dans le rang (-357), Athènes est forcée de reconnaître son indépendance en -355. Peu de temps après éclate la troisième Guerre sacrée. Philippe, roi de Macédoine, briguant l'hégémonie sur tous les États de Grèce, essaie de s’emparer de Byzance en -340  ; mais après un long siège, il est forcé par le général athénien Phocion à battre en retraite l’année suivante. Au cours du règne d'Alexandre le Grand (336-323 av. J.-C.), Byzance fut contrainte de reconnaître la suzeraineté macédonienne, mais elle reprit son indépendance sous les successeurs d’Alexandre.

En -279, une expédition gauloise, ayant pénétré jusqu’en Thrace sous la conduite de Comontorius, vint s’établir dans les environs de Byzance et réduit ses habitants aux dernières extrémités. Pour racheter leurs terres des ravages dont les menaçaient les barbares, ils durent leur payer près de dix mille pièces d’or  et un tribut annuel de 80 talents, jusqu’à l’époque où les Gaulois furent exterminés par les Thraces. Pour subvenir à ces charges, les Byzantins avaient imaginé de percevoir un droit sur la navigation du Bosphore, ce qui les mena en -220 à une guerre contre Rhodes.

Période romaine

Byzance, cité associée à Rome, devient par sa position le pivot de l'Empire romain, étendu sur trois continents. C'est là qu'aboutit la via Egnatia, venant de Rome, à travers l'Adriatique et les Balkans et là que traversent les légions en route pour leurs campagnes orientales. Dans ce sens Byzance n'a pas vocation de devenir la capitale d'un empire partagé comme cela sera le cas à la fin du IVe siècle, mais celle d'un empire recentré.

En 73 ap. J.-C., l'empereur Vespasien supprime l'autonomie de la cité, mais Hadrien l'approvisionne en eau en construisant l'aqueduc qui subsiste encore, le plus vieux monument de la ville, connu sous le nom de Valens. Un siècle plus tard Septime Sévère entre en conflit avec les habitants de Byzance. Proclamé empereur par l'armée du Danube en 192, il doit lutter contre un autre prétendant, Pescennius Niger, soutenu par Byzance. Il s'ensuit un long siège, de près de trois ans, de la ville, à l'issue duquel celle-ci est prise et détruite.

Septime Sévère ordonne alors de la réduire au statut de bourgade et attribue ses prérogatives à Périnthe – Héraclée, l'actuelle Marmara Ereglisi, ville sur la rive européenne de la mer de Marmara. Cet acte de vengeance est toutefois dépourvu de sagesse et l'empereur s'en rend bientôt compte. Il reconstruit, refonde même bientôt Byzance en la dotant d'une nouvelle enceinte plus vaste et de monuments, dont les bains de Zeuxippe, seul bâtiment antérieur à la fondation constantinienne à survivre jusqu'à une époque tardive.

À la mort de Septime Sévère, en 211, il est question un moment de partager l'Empire entre ses fils : Caracalla conserverait l'Occident avec Rome comme capitale, et Geta s'installerait à Antioche ou à Alexandrie pour régner sur l'Orient. Dans cette optique Byzance et la Chalcédoine seraient fortifiées comme des postes avancés des deux empires. Cette division de l'Empire en deux parties, qui suit la ligne de séparation entre l'Europe d'une part, l'Asie et l'Afrique de l'autre faisait donc de Byzance une ville frontière et non une capitale, ce qui signifiait évidemment gâcher sa vocation et ignorer son rôle de liaison entre l'est et l'ouest, le nord et le sud

Enjeu de pouvoir dans les luttes entre tétrarques, Byzance prend successivement le parti de Maximin Daia et celui de Licinius jusqu’à ce que Constantin reste unique empereur, en 324. Dès lors, Byzance ne s'appartient plus, elle est acquise au projet de recentrage géographique de l'Empire concrétisé par Constantin.

Entre 324 et 330, Constantin ordonne à ses équipes d'architectes et de décorateurs d'embellir la vieille cité grecque et de lui donner rang de résidence impériale. C'est ainsi que la cité en chantier s'orne de nombre d’œuvres d'art sélectionnées et acheminées de toutes les provinces de l'Empire. Le 11 mai 330, la cérémonie de dédicace entérine la création de la ville de Constantin : Constantinopolis/Constantinople.

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