El Dorado

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El Dorado film américain de Howard Hawks sorti en 1966

Analyse critique

a Le film reprend le scénario de Rio Bravo du même réalisateur. On y retrouve notamment certaines scènes-clefs, quoique légèrement modifiées. Cependant, il dépasse le simple remake et présente une nouvelle version des personnages et une intrigue plus complexe.

Cole Thornton, célèbre mercenaire, est engagé par un riche propriétaire terrien Bart Jason pour l'aider dans une guerre qui l'oppose à la famille Mc Donald. Alors qu'il s'arrête dans la ville d'El Dorado, le shérif local Jimmy Harah, vieil ami de Thornton, vient s'enquérir auprès de lui de l'objet de sa présence dans la ville, et lui explique que Jason est en fait prêt à tout pour s'emparer des sources d'eau de la famille Mc Donald. Il refuse donc franchement la proposition de Bart Jason.

Pendant ce temps, les Mc Donald apprennent que Thornton est en ville et pensant qu'il vient pour les tuer, Kevin Mc Donald laisse son plus jeune fils Luke en poste sur un rocher. Mais le fils s'endort, et lorsque Thornton, après avoir refusé l'offre de Jason, arrive, le jeune Mc Donald tire en l'air pour prévenir sa famille de l'arrivée du mercenaire. Malheureusement, Thornton, d'un geste réflexe, l'abat. Il ramène le corps de Luke à la ferme Mc Donald et explique son histoire. Impulsivement, la sœur de Luke, Joey décide de venger la mort de son frère et se met en embuscade pour tuer Thornton. Elle ne réussit qu'à le blesser. La balle se loge près de l'épine dorsale et paralyse temporairement Thornton du côté droit, ceci à chaque fois que la balle se met à bouger. Le docteur d'El Dorado est incapable de retirer la balle. Cependant Thornton, après sa convalescence, part pour une autre affaire.

Environ sept mois après, Thornton rencontre dans un bar un autre mercenaire nommé Nelse McLeod et un jeune homme surnommé Mississippi, venu pour se venger d'un homme de main de Mc Leod. Thornton apprend que Mc Leod a été engagé par Jason pour faire le même travail que celui que Thornton avait refusé quelques mois avant. Il apprend aussi que le shérif Harrah est tombé dans l'alcool suite à une affaire de cœur. Thornton retourne à El Dorado, où lui, Mississippi, et le shérif adjoint Bull essaie de faire de leur mieux pour protéger les Mac Donald des manigances de Jason, et remettre sur pied Harrah.

Hawks transforme confirme qu’avec une histoire quasiment identique, on peut réaliser un deuxième film formidable qui évite les maladresses grâce à un art de la variation consommé. Le metteur en scène va donc légèrement décaler les traits de ses personnages, les reconstruire avec des compromis et des différences en conservant la matrice d’origine. John Wayne retrouve par ce biais un personnage qu’il connait bien, celui d’un aventurier, avec ses règles de vie et son grand cœur, mais situé de l’autre côté de la loi. S’il défend des idéaux nobles, Wayne n’en n’est pas moins ici qu’un tireur qui vend ses services. Son jeu est en totale adéquation avec l’univers de son metteur en scène, à la fois juste et surtout d’un naturel désarmant.

En shérif alcoolique blême et mal dégrossi, Mitchum est un homme au grand cœur et respectueux de la loi, mais noyé dans les vapeurs de whisky. Contrairement à la création de Dean Martin avec le rôle de Dude, dans rio bravo, c'est-à-dire un homme profondément perdu, malheureux et beau dans sa déchéance, Mitchum prend le parti de la légèreté et préfère jouer sur l’humour en n’hésitant pas à ridiculiser son personnage. Il prend ainsi un malin plaisir à ne pas retenir ce qu’on lui dit, ou bien à ne pas comprendre, quand il ne réagit tout simplement pas bien au remède miracle qu’on lui administre pour le guérir de sa gueule de bois. Dean Martin sortait de sa condition d’ivrogne par la force de sa volonté et grâce à ses amis, Mitchum boit simplement un mélange nauséabond qui lui retire l’envie de se remettre à boire.

El Dorado est un film parfaitement équilibré, constamment juste et toujours sensible. Hawks n’a jamais été volontairement un esthète, il n’oublie pourtant pas de composer de superbes plans, simples, solidarisant le tout avec un montage sans fioriture. Les dialogues sont filmés avec savoir-faire, et la caméra est la plupart du temps souple, fluide, servant une narration idéalement limpide. Ici, plus que jamais chez Hawks, l’image ne donne pas plus à voir que ce qu’elle montre à la base, il s’agit de divertissement à l’état pur. Ainsi, par dérision, le traditionnel combat singulier de fin de film, présent dans la plupart des westerns, tourne en une lutte inégale entre Thornton, blessé, affaibli, et McLeod sûr de lui, mais vaincu par ruse.

« Plus que l’action, ce qui importe dans ce western, ce sont les motivations des êtres, leur force et leur courage. Rio Bravo se veut un grand film moral. L’entraide est le thème central. Il suffit de voir marcher dans la nuit côte à côte Dean Martin et John Wayne pour sentir leur connivence. À leurs côtés, il n’y a qu’une femme. Juste une joueuse de cartes invétérée, insolente et farouche. Mais essentielle. Rio Bravo est un chef-d’œuvre. Une sorte de journal intime déguisé en film de genre. » Philippe Piazzo, Télérama, 2008

Distribution

  • John Wayne (VF : Raymond Loyer) : Cole Thornton
  • Robert Mitchum (VF : Roger Tréville) : Jimmy Harah
  • James Caan  : Alan Bourdillion Traherne (Mississippi)
  • Arthur Hunnicutt ( : Bull Harris
  • Charlene Holt  : Maud
  • Edward Asner  : Bart Jason
  • Christopher George : Nelse McLeod
  • Robert Donner : Milt
  • John Gabriel : Pedro
  • Dean Smith : Charlie Hagan
  • Michele Carey : Joey MacDonald
  • R.G. Armstrong (: Kevin MacDonald
  • Paul Fix : Doc Miller
  • Robert Rothwell : Saül MacDonald
  • Ann Newman-Mantee : femme de Saül MacDonald
  • Jim Davis : Jim Purvis (le contremaître de Jason)
  • Marina Ghane : Maria
  • Johnny Crawford : Luke MacDonald

Fiche technique

  • Titre original : El Dorado
  • Réalisation : Howard Hawks
  • Scénario : Leigh Brackett
  • Production : Howard Hawks
  • Musique : Nelson Riddle
  • Photographie : Harold Rosson
  • Montage : John Woodcock
  • Durée : 126 minutes
  • Dates de sortie : Japon : 17 décembre 1966
    • États-Unis : 7 juin 1967


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