Francis Alÿs
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Francis Alÿs ( né Francis De Smedt ) plasticien contemporain belge né en 1959
Biographie et œuvre
Francis Alÿs naît en 1959 à Anvers et grandit dans le Pajottenland.
De 1978 à 1983, il suit une formation d'architecte à l'Institut supérieur d'architecture Saint-Luc à Tournai, puis de 1983 à 1986 à l'IUAV, à Venise.
En 1986, il est ingénieur au Mexique pour participer à un projet de secours du gouvernement belge pour la capitale Mexico détruite par un tremblement de terre. Il s'y établit et y développe un travail interdisciplinaire, jouant entre l’art, la ville et l’aspect social.
À partir de 1989, il laisse ainsi derrière lui sa formation d’architecte et entame un travail diversifié sur la ville que l’on parcourt : jeux d’enfants, chiens errants, vitres cassées ou marchands ambulants sont réfléchis à travers des photographies, vidéos, actions, dessins, installations.
Il développe son travail dans plusieurs villes, dont New York, Londres, Lima et Jérusalem, questionnant les enjeux de frontières et de territoires.
Francis Alÿs décrit son travail et le contexte dans lequel il l'inscrit comme un art politique, au sens grec du terme, la polis : la ville comme un lieu de sentiments et de conflits. Avec des actions simples, symboliques ou ironiques, il étudie l'influence de l'art sur la vie dans la ville[réf. nécessaire].
La base de ses activités trouve sa source dans ses promenades à travers la ville. Il se concentre alors autour de la marche, les paseos (promenade, en espagnol) comme sujet même de travail (As Long I’m Walking, 1992), ou comme médium de recherche, permettant une expérience (Doppelgänger, 1999- aujourd’hui). Une référence à la figure du flâneur de Charles Baudelaire.
Ainsi, Alÿs déplace l’enjeu du travail dans des formes immatérielles : actions, procédées par l’artiste (Re-enactment, 2000), par des passants anonymes (If you are a typical spectator, what you are really doing is waiting for the accident to happen, 1997) ou encore par des invités divers (Gards, 2004).
Ces actions urbaines et humaines sont désireuses d’associer poétique et politique, et remettent en question la place de l’artiste, comme créateur ou possesseur d’un travail, mais aussi dans la place économique de celui-ci et dans son aspect “marketing”.
Son action la plus cynique à ce sens fut sans doute sa réponse à l’invitation de la 49e Biennale de Venise, en 2001. Critique de ce qu’il estime une “foire aux vanité”, Francis Alÿs acceptera l’invitation en envoyant un paon pour ambassadeur, pour se balader dans les Giardini (The Ambassador, 2001).
Une de ses vidéos marquantes est Sometimes making something leads to nothing (Parfois, faire quelque chose ne mène à rien) (1997); vidéo, en couleur, d'une performance montrant l'artiste en train de déplacer un bloc de glace à travers Mexico. Différentes séquences s'enchainent de Francis Alÿs debout, poussant le bloc intact avec les mains, le dos courbé. Nous voyons la scène du trottoir d'en face, la caméra se déplaçant au même rythme que l'artiste. Puis, différents plans se suivent montrant uniquement la glace en gros plan ce qui donne l'impression que celle-ci se déplace seule. La glace fond de plus en plus et l'artiste se courbe donc d'autant plus en poussant celle-ci à travers la ville. On le suit, découvrant les traces d'eau sur le sol et on devine la chaleur par ces mêmes traces s'évaporant rapidement ainsi que la luminosité. On le voit traverser la route, le faisant alors sortir du plan. Dix secondes avant la fin de la vidéo, le bloc devenu trop petit est laissé sur le sol, on le découvre, grâce à un fondu enchainé, devenu flaque d'eau. La vidéo se termine par trois enfants se tenant à côté de la flaque et faisant signe à la caméra. La vidéo est rythmée par les différents points de vue, parfois éloignés, parfois très rapprochés. On constate que plus le bloc fond, plus il y a de gros plans sur celui-ci. Le fond sonore est celui enregistré au moment de la prise de vue, c'est-à-dire le bruit des voitures, de la population, de la glace se traînant au sol.
Expositions (sélection)
- 2022 : 59e Biennale de Venise The Milk of Dreams, Children's Games (vidéo), Pavillon de la Belgique
- 2017 : Tous, des sang-mêlés, Mac/Val
- 2013 : Musée d'art contemporain de Tokyo
- 2012 : dOCUMENTA (13)
- 2010 : A Story of Deception, Tate Modern, Londres - Wiels, Bruxelles - BACA Award, Bonnefantenmuseum, Maastricht
- 2009 : Fabiola, musée d'art du comté de Los Angeles/LACMA
- 2007 : Sometimes Doing Something Poetic Can Become Political and Sometimes Doing Something Political Can Become Poetic, David Zwirner, New York
- 2006 : A Story of Deception, Portikus, Francfort-sur-le-Main
- 2004 : Walking Distance from the Studio, Kunstmuseum Wolfsbourg
- 2001 : 49e Biennale de Venise ; 7e biennale d'Istanbul
- 1996 : Museo de Arte Contemporãneo de Oaxaca, Oaxaca de Juárez (Mexique)
Galerie
Children's Games (vidéo), Pavillon de la Belgique, Biennale de Venise 2022

