Georges Adéagbo

De Wiki de A à Z.

Georges Adéagbo, plasticien contemporain béninois, né en 1942 à Cotonou en République du Bénin.

Biographie et œuvre

Georges Adéagbo est l’aîné de 11 enfants, et s'inscrit à l'université d'Abidjan et commence une capacité en droit. Il poursuit ses études à Paris tout en travaillant pour financer ses études.

En 1971, à la mort de son père, il retourne au Bénin. Il refuse la place de chef de famille qui lui est dévolue et se retrouve séquestré par sa propre famille. Il ne revient en France que vingt ans plus tard.

Pour échapper à la solitude qui lui pèse, Georges Adéagbo ramasse tout ce qui est abandonné ou perdu : vêtements, tissus, chaussures, disques, livres, jouets, coupures de journaux, notes écrites, paquets de cigarettes, morceaux de plastique, etc. Ce sont autant de petites mémoires, de petits savoirs chargés d'une histoire personnelle ou collective qui renvoient à l'idée de perte, d'oubli et d'effacement de la mémoire.

Au printemps 1993, un commissaire d'exposition, venu à Cotonou pour rencontrer des artistes réputés, débarque par erreur chez lui. Étonné par ce qu'il y découvre, cet homme, que Adéagbo appellera après coup son "sauveur", s'empresse de prendre toute une série de photos qu'il compte soumettre à ses collègues parisiens.

En 1994, Adéagbo est invité par Régine Cuzin à participer à une première exposition. Il s'agit d'une exposition collective intitulée "La route de l'Art sur la route de l'Esclave", organisée en France, près de Besançon. À partir de ce moment-là, Adéagbo apportera régulièrement sa pierre à de nombreux événements prestigieux avec des installations situationnelles dans lesquelles il décline l'histoire et la spécificité d'un site avec des objets trouvés ou créés à Bénin.

Il déclare : «Le seul moyen de communication que j’avais avec mes proches était ces petites notes écrites que j’installais sur le sol, accompagnées des objets que je trouvais lors de mes promenades»,

Collections d’objets assemblés sur le sol de sa chambre puis de sa cour, autels personnels voués à la dispersion aussitôt constitués, c’est ce même principe d’assemblage éphémère et improvisé qui l’anime aujourd’hui. Livres, disques, cartes postales, journaux, tissus, sculptures, branches, pierres, sont pour lui, autant de témoignage de l’époque qu’il agence selon un principe organisateur dont lui seul connaît l’exacte nécessité. Partant du sol, ses installations obéissent à une symétrie qui se brouille au fur et à mesure que la collection se densifie et s’étend sur les murs. Il organise ce bazar sémantique et formel selon des constellations de relations en partie improvisées, en partie fondées sur des thèmes récurrents où se mêlent références historiques et culturelles, et expériences autobiographiques.

Georges Adéagbo fait à la fois figure de collectionneur, de curateur et d’ethnologue, à la différence près qu’en mêlant leurs méthodes respectives, il invente sa propre posture d’artiste témoin-collectionneur-assembleur-observateur… Il n’accumule pas des objets dans un esprit de conservation, mais les réunit en vue d’une collection fragmentaire, vouée à un ordre éphémère. Suivant ses propres enchaînements d’idées, il s’intéresse aux charges sociales et culturelles des objets et à leur circulation, avec une prédilection pour les objets en bout de course. Observateur des territoires qu’il arpente, son Bénin natal comme les différents pays dans lesquels il expose, Adéagbo livre au spectateur des indices des liens souterrains qui régissent ces autels à la vie sociale et spirituelle des objets.

Citations de l'artiste

  • "Je ne ramasse pas n'importe quoi. Tous les objets que je collecte rentrent dans l'histoire de ma vie. Je ressens dans chacun d'eux quelque chose de particulier par rapport à ce que j'ai vécu."
  • "Je marche, je pense, je vois, je passe, je reviens, je ramasse l'objet qui me sollicite, je rentre, je le lis, j'écris des notes. J'apprends. C'est cette connaissance que j'expose."
  • "Mes expositions ont toujours été très grandes dès le départ, parce qu'il suffit que je dépose un objet pour que les idées m'envahissent. Ce travail, je le fais tous les jours, sans discontinuité, même sous le soleil, jusqu'à ce que je me couche. Et tous les soirs, je range tout dans un même endroit."
  • "Artiste ? Ça ne me dit rien ! Je n'ai pas appris dans une école d'art, je suis seulement un témoin de l'Histoire... Je me promène comme un philosophe doit se promener pour voir et faire comprendre ce qui se passe dans la nature et dans le monde. Toujours".

Expositions (sélection)

  • 1994 "La route de l'Art sur la route de l'Esclave" Arc et Senans, France
  • 1995 « Big City: Artists from Africa » , Serpentine Gallery, Londres
  • 1997 « La mort et la résurrection », Galerie Nathalie Obadia, Paris
  • 1997 Biennale de Johannesbourg, Johannesbourg
  • 1998 « Roteiros. Roteiros. Roteiros… », Biennale de São Paulo, São Paulo
  • 1999 « Kunstwelten im Dialog », Museum Ludwig, Cologne
  • 1999 48e Biennale de Venise, (« Premio della giuria » pour « The Story of the Lion »)
  • 2000 « Abraham – the Friend of God », P.S.1, New York
  • 2001 « Das Pythagoreische Zeitalter », Galerie im Taxispalais, Innsbruck
  • 2002 documenta11, Cassel
  • 2004 « Le théâtre du monde..! », Museum Ludwig, Cologne
  • 2006 « Abraham, l’ami de Dieu. Philadelphia version », Philadelphia Museum of Art, Philadelphie
  • 2007 « Tout de Moi à Tous », Galerie des DAAD, Berlin
  • 2008 « La rencontre..! Venise – Florence..! », Museo di Palazzo Vecchio, Florence
  • 2009 : "Georges Adéagbo, La colonisation et l’histoire des colonisés", Galerie MAK, Vienne
  • 2012 La Triennale 2012 Palais de Tokyo, Paris

Galerie

adeagbo02.jpg


adeagbo01.jpg

La Triennale 2012, Palais de Tokyo

Outils personnels

Voir aussi les fiches cinéma; le panorama du cinéma; les artistes contemporains

Randonnées dans les Pyrénées; les merveilles du Japon; mystérieux Viêt Nam; les temples et des montagnes du Népal ; l'Afrique

_