Hatari

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Hatari ! film d'aventures américain réalisé par Howard Hawks, sorti en 1962.

Analyse critique

Brandy, une jeune femme d’origine française, a pris la succession de son père, chasseur d’animaux sauvages destinés aux zoos du monde entier. épaulée par John/Sean Mercer qui dirige son équipe. La vie aventureuse de Brandy et des autres suit son cours jusqu’à l’arrivée imprévue d’une jolie photographe italienne. L'existence de ce groupe d'hommes d'origines diverses, Sean, Pockets et “L'Indien” sont Américains, Kurt Allemand, Chips Français et Luis Espagnol , pourrait être sans histoire : en effet, ils connaissent et aiment leur travail, en vrais professionnels. Rhinocéros, singes, éléphants n'ont guère de secrets pour eux et les capturer ne va pas sans mal, certes, mais ne comporte pas de difficultés qu'ils ne sachent les uns et les autres surmonter.

Lorsque arrive la photographe italienne Anna Maria D'Allessandro, qui se fait appeler Dallas, la perturbation commence. Sean la découvre dans son lit; elle lui demande à brûle-pourpoint comment il aime embrasser. Elle sauve un bébé éléphant que Sean allait tuer et lui trouve deux compagnons de jeu : deux autres bébés éléphants pour le biberon desquels elle mobilise un troupeau de chèvres. Les deux femmes célibataires trouveront l'amour, à l'issue de longues péripéties. Et comme toujours chez Hawks, ce sont les femmes qui décideront quand et avec qui elles se marieront.

Le terme Hatari (ou hatwari) signifie en swahili : «  Attention, danger ! ». Le film fut entièrement tourné au parc national d'Arusha au Tanganyika (actuelle Tanzanie), au pied du Kilimandjaro. Au fur et à mesure du tournage les animaux devenaient des acteurs à part entière, le guépard apprivoisé Sonia circulait librement au milieu des acteurs ainsi que les autruches, les singes ou encore la hyène et les éléphanteaux. Les scènes de chasses ont été vécues par les acteurs eux mêmes et jamais l'un d'entre eux ne fut doublé. Un tel tournage dans un parc naturel, au milieu de bêtes dangereuses serait impensable de nos jours.

Amoureux des grands espaces et d’aventures en tous genres Howard Hawks rêvait de réaliser un film situé au cœur de l’Afrique sauvage. Dans ce décor, qui apparaît comme un immense terrain de jeu pour grands enfants, Hawks installe son équipe, son matériel et prend son temps. Il laisse éclater son style et affiche sa thématique de façon déterminée. Dés le premier plan décrivant un groupe d’hommes scrutant l’horizon en quête de proies, le film rassemble un groupe de personnalités prêtes à en découdre dans un but unique comme on avait pu le voir dans Rio Bravo,

Ces hommes, auquel le réalisateur aime s’identifier sont animés d’une passion commune. Leur travail consiste ici à capturer des animaux pour les vendre aux zoos occidentaux. L’amitié qui les unit repose sur cette activité et sur une camaraderie renforcée par des moments de détente. Dans ses précédents films, le groupe imaginé par Hawks faisait face à une adversité figurée par des hors la loi ou des ennemis de guerre. Ici le danger, lié au plaisir, est représenté par les risques occasionnés par les parties de chasse mais également par l’intrusion dans le groupe d’hommes de personnages féminins. Ici encore la femme a une forte personnalité et son charme vient troubler l’ambiance quelque peu immature du groupe de grands garçons mené par John Wayne.

En dehors de ce personnage interprété par Elsa Martinelli, une autre jeune femme vient perturber l’unité du camp : la jeune Brandy que le groupe a vu grandir devient très séduisante et commence à faire chavirer les cœurs. Sa féminité met en rivalité trois membres de la joyeuse troupe dont les personnalités différentes donnent naissance à de nombreux conflits et à des scènes d’une grande drôlerie. Ces relations entre les protagonistes sont filmées avec minutie par un réalisateur amoureux de ses personnages. Mais ici comme jamais auparavant il s’affranchit totalement de l’intrigue, le groupe n’a pas d’ennemis, et n’a aucun objectif défini clairement. Il apporte ainsi une vision moderne du cinéma qui séduira la nouvelle vague française. Truffaut, Rivette ou Godard verront en lui un précurseur aux nouvelles règles qu’ils allaient briser dans les années 60.

« Dernier grand chef-d’œuvre de Hawks. C’est le triomphe du petit sujet, de l’absence apparente d’ambition, de la décontraction et du charme. Les personnages, les thèmes et les situations chers à l’auteur sont tous traités ici en mineur, mais le film lui-même est loin d’être mineur et prouve, au contraire, la maîtrise parfaite d’un grand auteur classique. Mélange de comédie et de semi-drame où l’emporte un humour savoureux et constant : tout l’univers de Hawks est ici représenté. C’est, peut-être, le film le plus serein et le plus apaisé de Hawks, dont le but évident est d’offrir au public une représentation crédible du bonheur. » Jacques Lourcelles, 1992

Distribution

  • John Wayne (V.F : Raymond Loyer) : John/Sean Mercer
  • Elsa Martinelli (V.F : Pascale Roberts) : Anna Maria D'Allessandro, dite « Dallas »
  • Hardy Krüger  : Kurt Müller
  • Gérard Blain : Charles Maurey, dit « Chips »
  • Michèle Girardon : « Brandy » Delacourt
  • Red Buttons : « Pockets »
  • Bruce Cabot  : « L'Indien » (Little Wolf)
  • Valentin De Vargas  : Luis Francisco Garcia Lopez
  • Eduard Franz  : Le docteur Sanderson
  • Eric Rungren  : Stan
  • Umbopa M’beti  : Arga

Fiche technique

  • Réalisation et production : Howard Hawks
  • Scénario : Leigh Brackett d'après une histoire de Harry Kurnitz
  • Directeurs de la photographie : Russell Harlan et Joseph C. Brun (associé)
  • Musique : Henry Mancini
  • Production : Malabar Productions
  • Durée : 151 minutes
  • Dates de sortie : 24 mai 1962
    • France : 17 décembre 1962


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