High Red Center

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High Red Center, (quelquefois appelé Hi-Red Center) mouvement artistique japonais, né en 1963, héritier à la fois du Fluxus occidental, du mouvement Gutai et des Neo-Dada Organizers.

Histoire

Le High Red Center fait son apparition en 1963 et comprend au départ les trois artistes Jirô Takamatsu, Genpei Akasegawa et Natsuyuki Nakanishi. Il sont rejoints un peu plus tard par Tatsu Izumi. Le nom du groupe est la traduction anglaise du premier caractère de leur nom de famille : 高 Taka = « high, (haut) » ; 赤 Aka = red (rouge)  » ; 中 Naka = center (centre).
Genpei Akagesawa participe en parallèle aux activités de Fluxus. Shigeko Kubota et Mieko Shiomi rejoignent ce groupe. Tomio Miki, sans être formellement membre, reste très proche du High Red Center.

Le point d’exclamation est la signature de High Red Center, point que l’on retrouve sur les drapeaux, les tracts et les boîtes de conserve !
Comme les Neo-Dada Organizers, ces artistes participaient aux Indépendants Yomiuri, patronnés par le journal du même nom.

À la fin des années quarante se tenaient des expositions sans jury au Musée de la ville de Tôkyô et celles-ci étaient devenues des lieux ouverts à toutes les formes d’art, des formes les plus artisanales jusqu’aux tendances les plus contemporaines. On voit, par exemple, à la 14e exposition des Indépendants, en 1962, des œuvres sonores ou des œuvres faisant appel à la participation du public.
Jirô Takamatsu fait mettre des gants aux spectateurs, pour faire tirer une corde se trouvant dans une boîte.
Natsuyuki Nakanishi accroche des pinces à linge à sa chemise, aux toiles, et demande la participation du public, pour que l’œuvre s’étende à tout le lieu d’exposition (Sentakubasami wa kakuhankôdô o shuchôsuru, « Les pinces à linge se livrent à des mouvements de brassage », 1963).

Genpei Akagesawa expose un billet de 1 000 yen agrandi. Pour son exposition de collages intitulée Aimai no umi ni tsuite (« À propos de l’ambiguïté de la mer »), il envoie dans des enveloppes, que la poste met à disposition pour placer de l’argent liquide, des invitations sous la forme factice de billet de 1 000 yen. Ces « faux » sont imprimés sur du papier d’emballage. En 1964, il est convoqué par la police, accusé de fabriquer de la fausse monnaie. Son procés dura six ans, il est condamné en 1970, mais pendant ces années-là cette farce juridique se transforme elle-même en œuvre d'art sous forme de happening permanent.

L’artiste bénéficia de nombreux soutiens, et mit en jeu les fondements de la loi. Ce radicalisme, encore jamais, atteint dans la parole répond au mouvement des étudiants de la fin des années soixante et ouvre une brèche qui mit en doute la stabilité sociale, à travers ce qu’elle possédait de plus sacré : l’argent. Cet incident eut donc des effets considérables, au-delà même de la sphère artistique. Au cours du procès, les artistes et les critiques témoignèrent en faveur de Akagesawa et présentèrent les preuves sous forme de happenings. On reprocha à l’artiste de montrer la société capitaliste telle qu’elle est réellement, et d'atteindre un but : dénoncer les caractères profondément superficiels en reproduisant du papier monnaie. Pour l’artiste, l’art était un prétexte pour dénoncer, de façon symbolique, la structure du pouvoir d’un Japon en pleine expansion.

Le High Red Center fut un groupe plus organisé que le Neo-Dada Organizers, exprimant leurs idées avec ironie, non dépourvues de subtilité et accompagnées d’une tendance anti-sociale. En même temps, c’est l’espace du musée qui est désacralisé. On assiste à l’émergence des actions de rue et les pulsions destructrices des artistes se propageaient aux autres domaines de création : au cinéma (VAN eiga kagaku kenkyûjo), à la musique (Ongaku) et à la danse (Butô et Ankoku Butô).

Les expositions

Leurs premières expositions, Daigoji mikisâ keikaku et Dairokuji mikisâ keikaku (« Cinquième Plan Mixer » et « Sixième Plan Mixer »), sont focalisées sur les cordes de Takamatsu, les pinces à linge de Nakanishi et les « faux » billets de banque de Akasegawa.

Les artistes réalesent à cette occasion des performances. La plus connue est le nettoyage d’une artère de Ginza, à Tôkyô. Une autre fut de prendre le train, sans violence, mais le visage peint en blanc, rappelant ainsi le butô.
Pendant un an, la galerie Naika leur offre un lieu pour leurs actions qui consistent essentiellement à renverser le concept d’art et à réfléchir sur la fonction sociale de la création plastique.

En janvier 1964, dans une salle de l’Imperial Hotel est créé le Shelter Plan qui consiste à examiner sur tous les angles le corps des spectateurs. Il y eut de nombreux participants, notamment Yôko Ono et Nam June Paik. Le Shelter Plan fut la version japonaise du Flux Clinic organisé à l’hôtel Astoria (New York). À partir de cette soirée du Shelter Plan, les membres du High Red Center se mirent à réaliser Tsûshin eisei wa nanimono ni tsukawareteiruka (« Qui donc utilise les satellites de communication ? »), c’est-à-dire une remise en cause des systèmes de communication et d’information. L’activité concrète du High Red Center prit fin avec le fameux Shotoken seisô seiri sokushin undô (« Mouvement pour promouvoir le nettoyage et la remise en ordre de la capitale et de ses environs », 1964).

Le High Red Center fut un groupe anonyme, dans lequel le spectateur était absent. Il évacuait ainsi le rapport acteur/spectateur. Mais leurs actions obligeaient le public éventuel à s’interroger sur ses propres mécanismes de pensée, se livrer à un brassage d’idées et à une confusion intérieure ou compromettre les règles de "l’hygiène publique".

Source : http://www.mouvement.net/print.php5?alias=mouvement&docId=7e00cd57f534701d&visible=1

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