Jirô Takamatsu

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Jirô Takamatsu ( japonais 高松 次郎, Takamatsu Jirô) photographe et artiste contemporain japonais, né en 1936 à Tôkyô et mort en 1998 à Tokyo.

Jirô Takamatsu est diplômé de l’Université des beaux-arts de Tokyo. Au début de sa carrière artistique, il subit l'influence du groupe Neo-Dada Organizers mené par Ushio Shinohara, mais n'adhère pas formellement au mouvement. Il adopte une démarche similaire et fonde en 1963 le High Red Center, groupe qui comprend au départ Genpei Akasegawa, Natsuyuki Nakanishi et lui-même. Le nom du groupe est la traduction anglaise du premier caractère de leur nom de famille : 高 Taka = « high, (haut) » ; 赤 Aka = red (rouge)  » ; 中 Naka = center (centre).

À cette époque se tenaient des expositions sans jury au Musée de la ville de Tôkyô, sous le patronage du journal Yomiuri et celles-ci étaient devenues des lieux ouverts à toutes les formes d'art, des plus artisanales jusqu'aux tendances les plus contemporaines. Lors d'une d'elle, Jirô Takamatsu fait mettre des gants aux spectateurs, pour faire tirer une corde se trouvant dans une boîte. Dans une autre, Jirô Takamatsu expose une corde qui traverse la salle du musée et se prolonge dans le jardin, jusqu'à la gare d'Ueno (Kâten ni okeru fuzaisei, De l'absence au niveau d'un rideau). Takamatsu essaya de briser l'ordre conventionnel de la peinture, en utilisant des matériaux insolites. Les néo-dadaïstes japonais provoquaient ainsi la désagrégation de l'art, dans lequel la peinture avait trop de poids.

Takamatsu influence le groupe japonais Mono-Ha, actif entre 1968 et 1972 (Mono signifie chose ou objet et Ha école). Ces artistes mêlent objets naturels et artificiels en se concentrant sur leurs relations dans l’espace, introduisant une autre lecture de la réalité.

Son œuvre

L’œuvre de Takamatsu sonde la nature de l’existence, la substance réelle des choses. Il débute en 1964 sa série la plus connue, les Shadow paintings. Elles révèlent l’absence, l’ambiguïté entre le réel et sa représentation. L’ombre d’objets ou d’individus est réalisée à l’huile ou à l’acrylique sur des panneaux de bois peints ou des toiles. Tout au long de sa carrière, il explore cette voie.

En 1972, il entreprend la série Photograph of Photograph, qui pose la question de la mémoire et de l'appropriation. OIl réalise des photographies de ses propres photographies, posées dans des lieux publics.

Takamatsu peint ensuite les ombres directement sur les murs des espaces où il intervient, dans une série Shadow. Ces ombres induisent une méditation sur l'absence.

Dans deux autres séries, il questionne encore la définition de la matérialité des choses ; pour Oneness, il utilise des blocs de granit, de brique et de bois dont le centre est creusé, réduit en morceaux replacés dans le trou créé.

En 1975, il entreprend un travail sur les chiffres et les lettres de l'alphabet latin. Dans son action Stone and Numeral, il peint sur les rochers bordant la rivière Tama, des 0 et des 1 à la peinture blanche.

Dans Smashing of everything, deux boîtes en bois sont remplies de débris de métal, de plastique et de bois.

Il représente le Japon à la Biennale de Venise en 1968, il expose à la Biennale de Paris en 1969 et à Documenta VI de Cassel en 1977

Au cours des années 1980-1990, il revient à la peinture, au dessin, à la gravure, dans un aller-retour incessant entre le trait et la matière colorée.

Référence: Metropolis Tokyo

Galerie

Fichier:Takamatsu1.jpg

Shadow Painting, 1964

Fichier:Takamatsu2.jpg

Photograph of Photograph, 1972

Fichier:Takamatsu3.jpg

Série Shadow

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