Kimsooja

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Kimsooja (Kim Soo-ja) plasticienne contemporaine coréenne, née à Taegu en Corée en 1957.

Kimsooja vit à Paris et New-York

Biographie

En 1980, elle obtient un Masters of Fine Art, Hong-IK University, Seoul. En 1984, elle complète sa formation à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, section Lithographie.

Elle effectue des résidences en 1992-1993 au P.S.1 Museum, New York et en 1998-1999 au World Views at the World Trade Center, New York

Peintre, sculpteur, vidéaste, auteur de nombreuses installations, Kimsooja compose une œuvre directement inspirée par sa culture d’origine. L’artiste a puisé dans ses racines coréennes son matériau de prédilection, les bojagi, tissus traditionnels utilisés par les Coréens pour ranger ou transporter des objets personnels. Depuis les années 1980, cette Needle Woman (« femme-aiguille ») ne cesse de plier, déplier, coudre, transformer des étoffes, créant ainsi une œuvre d’une grande rigueur plastique. Ces tissus se transforment ainsi en bottari, ces baluchons qui évoquent l’idée de voyage, de déplacement, d’errance

Kimsooja mêle tradition asiatique et modernité dans son oeuvre traversée par les questions de frontières culturelles et sociales. Le corps, la contemplation, la spiritualité, la nature font partie de son travail. Ses vidéos, où elle apparaît notamment de dos, immobile comme un roseau face aux flux des passants, nous rapprochent de la culture de l’Extrême-Orient.

Comme de nombreux artistes de ces dernières décennies, Kimsooja est une artiste nomade qui fait de l’exil et du voyage le nœud de son travail. La figure de l’artiste nomade et arpenteur provient d’une longue tradition, voyageant vers les villes où l’art lui semblait le plus inspirant ou guidé par les mécènes, là où sa production avait la chance de s’y développer. La contemplation et l’immobilité comme corollaires du mouvement sont les temps et postures privilégiés par Kimsooja. Cette attention met d’autant plus en relief les forces d’oppositions, les énergies réciproques de l’arrêt et de la mobilité, le cycle du repos et de l’activité, de la vie et de la mort.

Ainsi la vidéo A homeless woman (2001) où l’artiste est filmée au Caire ou à Dehli, allongée au sol, est chargée d’une forte puissance, face à cette assemblée de passants masculins. La série de vidéos A Needle Woman (1999-2001 et 2005) est considérée comme une œuvre emblématique, point de repère dans l’ensemble de ses actions-performances. Dans une dizaine de villes à travers le monde (Londres, Shangaï, Lagos, Mexico, Jérusalem…), Kimsooja a adopté une même posture : droite et immobile dans la foule, ses cheveux rassemblés par une longe natte filant sur sa robe noire. Chaque scène est filmée au téléobjectif, en plan fixe et montre le contraste plus ou moins fort, plus ou moins violent, entre la pose de l’artiste, dos à la caméra et cette foule qui l’entoure, la contourne, ces individus qui l’évitent, l’oublient ou l’observent. A needle woman, « une femme aiguille » en français, néologisme pour un pas de côté vers cette autre activité que Kimsooja met en scène : rassembler des tissus, voyager avec des ballotins, se glisser entre les mailles.Voyager sans bouger, se fondre dans la foule, agir par l’immobilité ou le transport de tissus devenus anonymes, ballottée de ci de là, autant d’états contradictoires et quotidiens de la condition humaine et du temps contemporain qui sont figurés inlassablement par Kimsooja, artiste équilibriste.

En 1997, pour sa performance Cities on the Move, l’artiste parcourt 2 727 kilomètres à travers la Corée, dans un camion rempli de couvre-lits colorés.

Accueillie en résidence en 2007 au MAC/VAL, elle réalise la performance Bottari Truck-Migrateurs, entre Vitry et Paris. Dans un premier temps, il s’agit pour l’artiste de récolter des draps, des vêtements provenant d’Emmaüs. Leur agencement coloré tisse ainsi un état des lieux de la diversité des communautés présentes sur le territoire. Chargée de ces vêtements rassemblés en balluchons, comme autant d’histoires et de corps en creux, l’artiste les transporte à l’Eglise Saint-Bernard à Paris, lieu aujourd’hui manifeste de la lutte des sans-papiers. De la place de la Bastille à celle de la République, c’est un trajet en pick-up le long des monuments historiques de Paris qui est filmé et qui constitue une trace de cette action.

Dans l’image extraite de cette performance, Kimsooja, de dos, cadrée en plan américain, est reconnaissable à sa grande natte et à ses habits noirs qui contrastent fortement avec les sacs multicolores aux dessins bigarrés. Elle se déplace, silencieuse et hiératique, dans les rues de Paris, emportant avec elle ces bottari comme autant d’empreintes des lieux désertés. Métonymie de l’exil, Bottari Truck - Migrateurs évoque ces parcours individuels liés à la séparation mais aussi aux lueurs de l’ailleurs.

Galerie


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