La vie est belle (1946)

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La vie est belle (It's a Wonderful Life) film américain de Frank Capra, sorti en 1946.

Synopsis

Bedford Falls, petite ville de l'État de New York, la veille de Noël. De chaque foyer s'élève une prière. Les paroles murmurées avec ferveur concernent toutes le même homme, George Bailey, qu'elles proviennent de la bouche de son épouse, de ses enfants, de ses amis et collègues, et de manière générale de tous ceux qui tiennent à lui. Les prières vont être exaucées et Clarence, un ange sans ailes est envoyé au secours de George afin de gagner ses ailes. Avec lui, nous revivons les années écoulées dans la vie de George.

Ayant renoncé à son rêve d'enfant de devenir explorateur, pour reprendre la banque de son père, il a toujours consacré son énergie et son argent à l'amélioration des conditions de vie des habitants de la ville, en luttant contre le désir de puissance d'un homme d'affaires sans scrupules. Il fut également très utile pour son patron, monsieur Gowers, un pharmacien, car il empêcha le renvoi de ce dernier en refusant de livrer à un couple, dont le fils était atteint d'une maladie très grave, un cachet empoisonné. Il sauva également son jeune frère Harry de la noyade au cours d'un concours de luge mais perdit l'usage de son oreille gauche. Adulte, George se maria à une certaine Mary, amoureuse de Georges depuis l'enfance, et eut d'elle quatre enfants. Deux de ses amis, Marcel, un policier et Ernie, un chauffeur de taxi chantèrent même à son mariage. Grâce à lui, son oncle Billy réussit à sauver son entreprise et plusieurs personnes dont son meilleur ami Giuseppe Martini habitèrent dans des jolies maisons louées bon marché. Pourtant un soir de Noël, l'oncle Billy perd une somme d'argent importante et celui-ci, au bord de l'hystérie, menace de se jeter dans la rivière après avoir eu un accident de voiture. Mais il sauve Clarence qui était en train de se noyer.

L'instant d'après, celui-ci montre à George comment les citoyens de sa ville auraient évolué sans lui. La ville s'appellerait Pottersville et non Bedford Falls car personne n'aurait tenu tête à Potter, l'homme d'affaires. Il n'y aurait que des bars et des maisons closes. Il n'y aurait jamais eu les maisons de George et monsieur Gowers aurait empoisonné un enfant car personne ne l'en aurait empêché. Il aurait fait vingt ans de prison et serait devenu un alcoolique. Harry se serait noyé et n'aurait pu sauver tous les hommes à qui il a porté secours pendant la guerre. La mère de George serait une veuve acariâtre tenant une pension de famille douteuse, ses amis seraient des mauvais garçons, Mary une bibliothécaire vieille fille et Violette une prostituée (dans la vraie vie de George, c'est une fille un peu simplette mais très gentille). Les enfants de George n'existeraient pas et l'oncle Billy serait devenu fou après la faillite de ses affaires.

Se rendant compte de ce qui aurait pu arriver, George demande à revivre. Il s'aperçoit que tous ses amis sont allés chercher pour lui l'argent qui lui manquait.

Ce film synthétise tout ce que l'univers de Capra contient de généreuse utopie et de grandeur humaniste. Dans ses autres films, l'unanimisme du point de vue et le consensus social qui les concluaient emportaient notre affectivité, mais ni notre raison, ni notre croyance. Il n'en va pas de même dans ce film-là. D'abord, le mode d'action qu'entreprend Bailey pour obtenir un monde meilleur est concret et ponctuel; ensuite, le film ne se conclut pas par un consensus qui aplanit les contradictions sociales, mais par un mouvement de solidarité de classe chargé d'affectivité envers Bailey, solidarité d'autant plus bouleversante qu'elle est à la fois utopique et vraisemblable. Mais le film trouve paradoxalement sa véritable dimension dans son idée la plus naïve, quand un ange montre à Bailey désespéré ce que serait sa ville (le monde) sans lui.

Ce film combine non seulement la comédie et le drame mais fait appel au romanesque, à la poésie et même au fantastique pour relater l'histoire d'une destinée reliée, au sein de la communauté où elle se déroule, à toutes les autres destinées de cette communauté et par extension à celle de l'humanité toute entière. Le propos du film est d'ailleurs beaucoup plus de raconter l'histoire de ce lien que celle d'un individu.

Dans les trois premiers quarts du film, Capra se révèle habile, prenant, parfois touchant. Dans le dernier quart, il se surpasse et amène le spectateur, ainsi que le héros, à revoir ce qui s'est passé jusque là dans une autre lumière et sous un autre point de vue. En permettant au héros de contempler pendant quelques instants un monde où il ne serait pas né, Capra (et son bon ange Clarence) l'obligent à sentir le caractère irrémédiable de chacun de ses actes. Comme, pour la plupart, il s'agit d'actes utiles et inspirés par le bien, le fait de les supprimer de la surface de la terre devient une véritable catastrophe. Mais, au-delà de la bonté du personnage, c'est bien le caractère de responsabilité absolue, infinie de chaque action humaine qui est ainsi démontrée à travers l'infinité des relations en chaîne qu'elle a déclenchée.

Distribution

  • James Stewart : George Bailey
  • Donna Reed : Mary Hatch
  • Henry Travers  : Clarence Oddbody
  • Lionel Barrymore : M. Potter
  • Thomas Mitchell  : Oncle Billy
  • Beulah Bondi : 'Ma' Bailey
  • Frank Faylen  : Ernie Bishop (Ernest)
  • Ward Bond  : L'officier de police Bert (Marcel)
  • Gloria Grahame : Violet Bick
  • H.B. Warner : M. Emil Gower
  • Frank Albertson  : Sam Wainwright
  • Todd Karns : Harry Bailey
  • Samuel S. Hinds : Peter Bailey
  • Karolyn Grimes : Zuzu Bailey

Fiche technique

  • Titre français : La vie est belle
  • Titre original : It's a Wonderful Life
  • Réalisation : Frank Capra
  • Scénario : Frances Goodrich, Albert Hackett, Frank Capra et Jo Swerling, d'après le roman The Greatest Gift de Philip Van Doren Stern
  • Production : Frank Capra
  • Société de production : RKO Pictures
  • Musique : Dimitri Tiomkin
  • Photographie : Joseph F. Biroc, Joseph Walker
  • Montage : William Hornbeck
  • Format : 1,37 - noir et blanc - mono
  • Durée : 130 minutes
  • Date de sortie : 7 janvier 1947 aux États-Unis

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Distinctions


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