Musée départemental Albert-Kahn

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Le domaine départemental Albert-Kahn est situé à Boulogne-Billancourt, dans le département des Hauts-de-Seine.

Depuis 2015, le jardin dans sa totalité, la maison d'Albert Kahn au numéro 6 du quai du 4-Septembre, la Société Autour du Monde au 9 quai 4-Septembre, les pavillons japonais et le palmarium sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques.

Albert Kahn

Albert Kahn, né Abraham Kahn à Marmoutier en Alsace le 3 mars 1860 et mort à Boulogne-Billancourt le 14 novembre 1940, est un banquier et philanthrope français.

Fils de Louis Kahn, marchand de bestiaux juif alsacien de Marmoutier, et aîné de quatre frères et sœurs, Abraham Kahn perd sa mère Babette Bloch en 1870, année de l'annexion de l'Alsace et de la Moselle par l'Empire allemand. Comme beaucoup d'Alsaciens ruraux ne pouvant abandonner leurs biens, Louis Kahn n'opte pas pour la France à la suite du traité de Francfort de 1871, devenant donc allemand ainsi que ses enfants. Après avoir fréquenté l'école juive du village, Abraham étudie de 1873 à 1876 au collège voisin de Marmoutier à Saverne. Le 20 novembre 1876, il obtient de l'Allemagne un permis d'émigration en France.

Arrivé à Paris à l'âge de 16 ans, il travaille quelque temps chez un tailleur-confectionneur de la rue du Faubourg-Montmartre, avant d'entrer à la banque des frères Edmond et Charles Goudchaux en 1878, succursale de l'établissement fondé à Metz en 1840 par leur père Matthieu. Tout en gagnant sa vie, Albert Kahn reprend sa scolarité interrompue, puis ses études supérieures, en se faisant aider d'Henri Bergson, alors élève à l'École normale supérieure, avec qui il noue des liens pour le reste de son existence. Il est reçu au baccalauréat ès lettres en 1881, obtient en 1884 une licence en droit. Financier avisé, il fait fortune dans les affaires minières et ouvre sa propre banque en 1898.

Fondé de pouvoir chez Goudchaux & Cie, entre 1889 et 1893, il fait fortune en spéculant sur les actions des compagnies d'or et de diamant du Transvaal; le 2 mai 1898 il crée son propre établissement bancaire Albert Kahn oriente alors ses placements financiers vers l'Extrême-Orient, plus particulièrement le Japon, où il contracte de nombreux prêts qui assurent sa fortune dans les années 1890. C'est alors qu'il noue des contacts étroits avec Motono Ichirō , l'ambassadeur du Japon à Paris, et au plus haut niveau avec la famille impériale, qu'il recevra plus tard dans ses propriétés.

En 1895, il achète un hôtel particulier à Boulogne-sur-Seine, et quatre parcelles de terrain, commençant ainsi l'aménagement de son jardin. Jusqu'en 1910, par étapes, il rachète, sur une vingtaine de parcelles, les maisons et les terrains qui jouxtent sa propriété, jusqu'à devenir propriétaire de quatre hectares de terrain

En 1896, Albert Kahn entreprend un voyage au Japon au cours duquel il retrouve l'ancien ambassadeur du Japon en France, le baron Motono Ichirō, et rencontre le comte Ōkuma Shigenobu, qui fut deux fois ministre. C'est à la suite de ce voyage qu'Albert Kahn commence l'aménagement du jardin japonais de sa propriété.

En 1898, son premier mécénat consiste en bourses de voyage « Autour du Monde » à travers la Fondation Albert Kahn : une découverte des autres pays de plus d'un an offerte à de jeunes agrégés hommes et femmes, pour leur permettre d'enrichir leurs compétences et leur futur enseignement par la connaissance directe du monde.

Le 13 novembre 1908, Albert Kahn part sept mois pour le Japon et la Chine, via les États-Unis, et fait prendre par son mécanicien-chauffeur, ingénieur de formation, Alfred Dutertre, plus de 4000 clichés stéréoscopiques et images cinématographiques qui témoignent de son voyage autour du monde . Quelques mois après son retour, il repart pour deux mois en Amérique du Sud en 1909 où il visite l'Uruguay, l'Argentine, et le Brésil, avec un premier photographe professionnel recruté pour son projet de collection d'images, Auguste Léon, qui prend comme Dutertre des plaques stéréoscopiques noir et blanc, mais expérimente aussi la plaque autochrome 9 × 12 cm. D'autres opérateurs professionnels sont ensuite recrutés et envoyés dans le monde et en France afin de photographier sur plaque autochrome et de filmer pour témoigner des aspects, des pratiques et des modes de l'activité humaine, dont la disparition fatale n'est plus qu'une question de temps.

À partir de 1912, l'équipe est encadrée par le géographe Jean Brunhes, qui participe à certaines missions. Entre 1909 et 1931, ce sont ainsi quelque 72 000 autochromes et une centaine d'heures de film qui seront rapportés d'une soixantaine de pays. De nombreux invités des jardins d'Albert Kahn sont aussi pris en portrait sur plaque autochrome. Les Archives de la Planète sont le versant iconographique d'un vaste projet de documentation qui prendra d'autres formes, publications, centres de documentation, et dont le but est une meilleure connaissance des autres nations pour une meilleure entente, afin de prévenir des conflits meurtriers.

Le jardin d'Albert Kahn

Le jardin a été créé par Albert Kahn sur des terrains acquis à partir de 1895, confiant une partie des travaux aux architectes-paysagistes Henri et Achille Duchêne. Jusqu'en 1910, il élabore sur 3,9 hectares un ensemble de scènes paysagères aux styles différents, dont l'ensemble forme un jardin à scènes, style caractéristique de la fin du XIXe siècle.

Albert Kahn croyait à la paix universelle. Pour appuyer son utopie, il crée un jardin fait de plusieurs scènes réconciliant les styles de chaque pays:

  • un village japonais, créé en 1898, au retour du deuxième voyage au Japon d'Albert Kahn, par un jardinier et un charpentier-maçon venus de ce pays. De son voyage au Japon en 1897 Albert Kahn rapporte, en pièces détachées, deux maisons ainsi que les portes et un pavillon de thé remplacé en 1965 et inauguré en 1966 par la société des maîtres de thé de l'école de cérémonie du thé Urasenke, en collaboration avec la ville de Kyôto  ;
  • un jardin japonais moderne, qui a remplacé partiellement en 1990 le premier jardin, avec ses deux ponts de bois, sa montagne couverte d'azalées (évocation du mont Fuji) et ses berges de galets conçus par le paysagiste Fumiaki Takano;
  • un jardin à la française, créé en 1895 par deux prestigieux paysagistes de l'époque : Henri et Achille Duchêne ; il comprend un salon de verdure dont les parterres symétriques s'organisent devant la serre d'un jardin d'hiver et un verger ornemental, où des arbres fruitiers taillés (essentiellement des poiriers et des pommiers) sont associés à des rosiers anciens sur des parterres géométriques ;
  • un jardin anglais où des fabriques de jardins (un cottage, un pont de rocailles, un puits -unique vestige d'une laiterie) sont disposées sur le pourtour d'une vaste pelouse vallonnée où serpente une rivière.
  • une forêt vosgienne rappelle au banquier les paysages de son enfance; une « forêt bleue » présente un ensemble de cèdres de l'Atlas et d'épicéas du Colorado dont les aiguilles forment un écran végétal gris-bleu où contrastent au printemps des fleurs d'azalées et de rhododendrons; une forêt dorée et sa prairie d'herbes hautes mêlées de fleurs vivaces sont plantés de bouleaux qui se parent de teintes dorées à l'automne.

Le musée Albert-Kahn

Après la faillite de la banque Kahn en 1932 à la suite de la crise de 1929, la propriété d'Albert Kahn est saisie en 1933. En 1936, elle est acquise par la préfecture de la Seine, puis les Archives de la Planète en 1939. En 1937, les jardins sont ouverts au public et les projections d'autochromes reprennent. Le département des Hauts-de-Seine, à la suite de sa création en 1968, devient propriétaire du site et des collections dont il est garant de la conservation. Le musée départemental Albert-Kahn est aujourd'hui un service du conseil départemental des Hauts-de-Seine et le financement est intégralement départemental.

En avril 1974, succédant à Mme Magné de Lalonde, Jeanne Beausoleil est nommée responsable des collections d'images. Elle constitue sa propre équipe de chercheurs et de techniciens et entame un important travail de recherches historiques sur la personnalité du banquier philanthrope, mais également de restauration des films et des plaques photographiques. Cette action lui vaut d'être nommée directrice conservateur territorial du Patrimoine puis conservateur en chef des collections Albert-Kahn. Elle porte enfin à la connaissance du public les divers aspects de l'œuvre d'Albert Kahn en créant des expositions thématiques permanentes et temporaires, en France et à l'étranger et par la publication de nombreux ouvrages. En 1986, l'établissement devient juridiquement un musée. En 1990, une galerie d'exposition de 650 m2 y est ouverte.

À partir de septembre 2016, de grands travaux sont entrepris sous la direction de l'architecte Kengo Kuma, pour la construction d'un bâtiment d'exposition de 2 300 m2 et la rénovation des bâtiments existants, permettant l'accès au public à un nouveau parcours permanent. Dans le même temps, la collection en ligne des Archives de la Planète, comportant 65 000 images, est accessible sur le portail Collections.


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Facade due à l'architecte japonais Kengo Kuma

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Le jardin japonais

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Une petite partie des collections de photographies

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La serre

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