Najia Mehadji
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Najia Mehadji plasticienne contemporaine franco-marocaine née en 1950 à Paris
Biographie et œuvre
Najia Mehadji est née en 1950 à Paris d'une mère française et d 'un père marocain. Elle étudie à l'école des Beaux Arts de Paris et obtient, au milieu des années 1970, une maîtrise d’arts plastiques et d’histoire de l’art à Paris I sur Paul Cézanne, ainsi qu’une licence de théâtre à Paris VIII. Cette dernière lui donne l’occasion de travailler avec Peter Brook et le Living Theatre, groupes d’avant-garde engagés ouverts aux cultures dites « extra-européennes » et à la performance, avec lesquels elle explorera un travail inédit sur le corps et le geste qui marquera profondément sa démarche picturale en lui donnant une singularité et un style inédits.
Durant ces années de recherche, elle effectue des performances avec des instrumentistes en musique contemporaine, dessinant sur de grandes feuilles de papier préalablement sonorisées par des microcontacts, notamment au CAPC de Bordeaux en 1979. Elle fréquente, à la même époque, le collectif Femmes/Art et participe à la revue de femmes Sorcières, les femmes vivent, où elle publie ses premiers dessins en noir et blanc rappelant l'aspect vibratoire d'un sonogramme. Elle enseigne de 1973 à 1980 au conservatoire expérimental de musique de Pantin, crée en 1968 par Michel Decoust, dans lequel elle donne des cours en collaboration avec des compositeurs de musique contemporaine sur la relation entre son et dessin, timbre et diagramme.
Sa double origine, française et marocaine, l'amène à créer très tôt une synthèse entre cultures occidentale et orientale et à s'ouvrir aux cultures du monde. Très jeune son intérêt pour le théâtre d'avant garde et l'expression du corps lui font inventer ses propres outils et une manière singulière d'aborder la peinture. Dans les années 70 en France son engagement pour la reconnaissance des femmes dans le milieu de l'art contemporain, l'incite à intégrer le groupe Femmes/Art et à travailler dans la revue Sorcières.
Le travail de Najia Mehadji peut se diviser en plusieurs grandes périodes de création. Après des peintures d'empreintes (1980-1990) influencées par la musique contemporaine et l'expression corporelle, puis des peintures/dessins monochromes sur toile de lin brute, aux formes symboliques, végétales et cosmiques (1990-2010), elle développe depuis 2010 des œuvres centrées sur le geste en s'inspirant de la calligraphie et de la danse. Elle crée ainsi sa propre écriture picturale tout en lignes continues et dynamiques, dans une performance physique et mentale. Elle réalise parallèlement des œuvres engagées contre la barbarie de la guerre, notamment sur le sort des femmes, et contre la peine de mort dans le monde.
En 1985, elle part un an à Essaouira avec une bourse « Villa Médicis Hors les murs » et y retourne régulièrement jusqu'à y installer un atelier. C’est durant ce séjour qu’elle peint ses premières toiles autour du mythe d’Icare, « symbole de la prise de risque de toute liberté », sur de grandes toiles brutes où se juxtaposent l’empreinte de gestes corporels et des collages transparents aux formes géométriques très architecturées.
En 1991-92 elle crée une série d'œuvres géométriques à partir de polyèdres en référence au Timée de Platon : les Rhombes. Puis de 1993 à 1995, réagissant aux crimes de guerre commis contre les Bosniaques en ex-Yougoslavie, elle crée la série des Coupoles, qui atteste de son intérêt pour les formes universelles dans l’architecture, notamment l’octogone , tout en faisant référence à la représentation de la cosmologie dans les arts de l’Islam. En 1998, elle enseigne le dessin à l'École nationale supérieure des beaux arts de Paris en tant qu'artiste invitée pour l'année par son directeur Alfred Pacquement
À partir de 1996 et pendant une quinzaine d'années, Najia Mehadji dessine sur des toiles brutes de grand format avec des craies à l’huile de couleur intense ses célèbres peintures/dessins monochromes issues de formes et thèmes symboliques universaux tels que la sphère, l'arborescence, l'arbre de vie, la fleur de Grenade, la pivoine, qu’elle décline en autant de « structures de flux » captant aussi bien l’éphémère de la vie, le passage, que la notion d'infini ou encore la dualité entre Eros et Thanatos.
Elle change de technique en 2010 en peignant avec un très large pinceau des lignes courbes en « arabesques » très lumineuses sur fond noir. Elle invente ainsi une gestuelle singulière en expansion dans un geste continu,réversible et dynamique, incarnant la synthèse du corps et de la pensée.
Parallèlement à sa pratique de la peinture et du dessin, poursuivant son engagement contre les violences de la guerre dans le monde, notamment contre les civils et les femmes, elle crée, à partir de 2005, des œuvres numériques en y intégrant des détails agrandis de gravures de Goya (La Tauromachie et Les Désastres de la guerre) au sein de peintures de fleurs fluorescentes — dans une tension entre vie et mort, opposant la beauté à la barbarie.
Dans les années 2010, elle crée de nouvelles séries de peintures et d'images numériques de grand format qui donnent un aspect sculptural à ses gestes en les dynamisant : ce sont les Volutes, Arabesque, Mystic Dance, Enroulement, Vague, dont les lignes continues, la gestualité libre, et les références à la calligraphie orientale et au soufisme, sont autant de propositions formelles qui lui permettent de s'approprier, en tant que femme et de façon personnelle, des pratiques habituellement dévolues aux hommes.
En 2024 elle crée la série Rosebud, en référence au film Citizen Kane d'Orson Wells et à la rose comme symbole d'amour et de paix.
Expositions (sélection)
- 1986 : première exposition personnelle aux musées des beaux arts de Caen et de Poitiers
- 2009 : elles@centrepompidou centre Georges-Pompidou, Paris
- 2010 : Foire d'art contemporain de Dubaï ; exposition Résonances au musée de Marrakech
- 2011 : Architectures/Dessins/Utopies au musée national d'art contemporain de Bucarest ; Drawing Now Paris au Carrousel du Louvre.
- 2014 : exposition personnelle New Arabesque, galerie Le Violon bleu à Tunis.
- exposition inaugurale du musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain de Rabat « 1914-2014, 100 ans d'art au Maroc »
- 2016 : Najia Mehadji / Mahi Binebine : Face à l'Histoire , exposition inaugurale du MACMA de Marrakech
- 2018 : rétrospective, musée d'art moderne de Céret
- 2019 : rétrospective aux Villas des arts de Casablanca et de Rabat.
- 2021 : œuvres numériques White Dance , chapelle des Dames blanches à La Rochelle
- 2023 : Modernités Arabes, collections de l'Institut du monde arabe, musée Mohammed VI de Rabat
- Abu Dhabi Art Fair
- 2025 : Mon Ami la Rose au MAC/VAL
Galerie





