Parc national de Göreme et sites rupestres de Cappadoce

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Le Parc national de Göreme et sites rupestres de Cappadoce est inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1985. Il occupe la partie centrale de la Cappadoce.

Il est constitué d'une zone centrale et de 6 zones ponctuelles pour un total d'environ 100 km².

Présentation

Dans un paysage saisissant modelé par l'érosion, la vallée de Göreme et ses environs abritent des sanctuaires rupestres, témoignages irremplaçables sur l'art byzantin de la période post-iconoclaste, ainsi que des habitations, des villages troglodytiques et des villes souterraines, vestiges d'un habitat humain traditionnel dont les débuts remontent au IVe siècle.

Situés sur le plateau central d’Anatolie, dans un paysage volcanique sculpté par l’érosion qui a formé une succession de crêtes montagneuses, de vallées et de pics connus sous le nom de « cheminées de fées » ou hoodoos, le parc national de Göreme et les sites rupestres de Cappadoce s’étendent sur une région qui couvre les villes de Nevşehir, Ürgüp et Avanos, les sites de Karain, Karlık, Yeşilöz, Soğanlı ainsi que les cités souterraines de Kaymaklı et de Derinkuyu. La zone est bordée sur ses flancs sud et est par des chaines de volcans éteints, avec l’Erciyes Dağ (3916 mètres) d’un côté et le Hasan Dağ (3253 m) de l’autre. La densité de ses cellules, églises, villages troglodytiques et cités souterraines creusés au cœur de la roche en fait l’un des plus grands et des plus saisissants ensembles rupestres au monde. Fascinante d’un point de vue géologique et ethnologique, l’incomparable beauté du décor des sanctuaires chrétiens fait aussi de la Cappadoce un des meilleurs exemples de l’art byzantin de la période post-iconoclaste.

On pense que les premiers signes de l’activité monastique en Cappadoce remontent au IVe siècle, lorsque de petites communautés anachorètes, suivant les enseignements de Basile le Grand, évêque de Kayseri, ont commencé à occuper des cellules creusées dans la roche. Plus tard, afin de résister aux invasions arabes, les communautés ont commencé à se regrouper dans des villages troglodytiques ou des cités souterraines telles que Kaymakli ou Derinkuyu qui leur servaient de refuges.

Le monachisme était déjà bien établi en Cappadoce à la période iconoclaste (725-842) comme l’illustre la décoration de nombreux sanctuaires qui n’arboraient qu’un minimum de symboles (le plus souvent des croix sculptées ou peintes à la détrempe). Cependant, après 842, de nombreuses églises rupestres en Cappadoce ont été creusées et richement décorées de peintures figuratives aux couleurs vives. Parmi les églises situées dans la vallée de Göreme, on trouve Tokalı Kilise et El Nazar Kilise (Xe siècle), Ste Barbara Kilise et Saklı Kilise (XIe siècle) ainsi que Elmalı Kilise et Karanlık Kilise (fin du XIIe siècle-début du XIIIe siècle).

Justification de l'inscription

Critère (I) : Les sanctuaires rupestres de Cappadoce constituent, par leur qualité et leur densité, une réalisation artistique unique offrant un témoignage irremplaçable sur l’art byzantin de la période post-iconoclaste.

Critère (III) : Les habitations, villages, couvents et églises rupestres conservent l’image « fossilisée » d’une province de l’Empire byzantin entre le IVe siècle et l’arrivée des Turcs seldjoukides (1071). Ils sont, en conséquence, les vestiges essentiels d’une civilisation disparue.

Critère (V) : La Cappadoce constitue un exemple éminent d’habitat humain traditionnel devenu vulnérable sous les effets conjugués de l’érosion naturelle et, plus récemment, du tourisme.

Critère (VII) : Dans un paysage impressionnant, témoignant de façon spectaculaire des forces de l’érosion, la vallée de Göreme et ses alentours présentent des exemples mondialement reconnus et faciles d’accès, de reliefs naturels de hoodoos et d’autres caractéristiques d’érosion d’une grande beauté et qui interagissent avec les éléments culturels du paysage.

Intégrité et authenticité

Le parc naturel de Göreme et les sites rupestres de Cappadoce, ayant fait l’objet d’une utilisation et de modifications considérables par l’homme au cours des siècles, sont un paysage harmonieux qui conjugue l’interaction et l’habitat humain avec des reliefs naturels spectaculaires. Des tremblements de terre ont provoqué quelques dommages à certains cônes et colonnes mais cela est généralement considéré comme un phénomène naturel. Il est cependant fait état d’une surexploitation touristique et de quelques actes de vandalisme, en outre certaines structures incompatibles avec le site ont été installées.

Les processus d’érosion qui ont façonné les structures de roches de forme conique si remarquables, continueront de créer de nouvelles « cheminées de fées » et de nouvelles colonnes de roche. Cependant en raison du rythme de ces processus, les valeurs naturelles du bien sont susceptibles d’être menacées par un usage inapproprié. Les caractéristiques culturelles du bien, tels que les églises creusées dans la roche et les éléments culturels associés, qui risquent principalement d’être minées par l’érosion et de pâtir d’autres processus naturels ainsi que du tourisme de masse et des pressions liées au développement, ne pourront jamais être remplacées. Ces processus continuent d’accroitre les risques pesant sur le bien. Certaines des églises mentionnées par les premiers spécialistes, tel C. Texier, H.G. Rott et Guillaume de Jerphanion, ont désormais disparu.

Le bien répond aux conditions d’authenticité car ses valeurs et leurs attributs, y compris son cadre historique, sa forme, sa conception, ses matériaux et le savoir-faire utilisé reflètent les valeurs culturelles et naturelles reconnues dans les critères d’inscription.

Étant donné les difficultés techniques propres à la construction dans cette région où il s’agit de creuser des structures dans la roche naturelle, et de créer une architecture en retirant des matériaux au lieu de les assembler pour constituer les éléments d’une construction, la structure morphologique sous-jacente et les difficultés inhérentes à la manutention des matériaux ont freiné les élans créatifs des bâtisseurs. Ce conditionnement de l’effort humain par des éléments naturels est resté inchangé au cours des époques et des civilisations qui se sont succédées, influençant ainsi les conceptions culturelles et les capacités techniques des générations successives.

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